Vivre et vieillir dans la dignité

Edito de Jean Carette :

« Ces jours-ci, j’ai dû, pour les besoins d’une conférence, réfléchir à la notion de « vieillir et vivre dans la dignité ». Il est juste de débattre et de légiférer pour assurer à un agonisant et à son entourage l’exercice respectueux de ce droit. Mais il serait sans doute aussi nécessaire de remonter en amont pour tenter d’assurer les conditions collectives d’une vie et d’un vieillissement dans la dignité.

  • Est-il digne de vivre et de vieillir sous le seuil de faible revenu avec moins de 1 000$ par mois, ou au contraire de gagner des salaires et primes de plusieurs millions ?
  • Est-il digne de loger sans sécurité ni confort, à la merci d’un logeur sans scrupules ?
  • Est-il digne de ne pas avoir accès à un médecin de famille ?
  • Est-il digne d’attendre en moyenne 8 à 12 heures dans une urgence inhospitalière et trop lente ?
  • Est-il digne de se faire traiter comme un dossier à numéro, de se faire limiter à sa maladie, à sa force de travail à vendre ou à son statut de client et de consommateur ?
  • Est-il digne de ne pouvoir compter sur aucune solidarité, aucun appui, aucune amitié, aucune compassion, sans même parler d’abus ni de violences ?

Les questions se multiplient, avec les intolérances et les souffrances qui les illustrent. D’où deux perspectives pour agir :

  • Si dès l’enfance, les conditions de vie sont mauvaises sinon dégradantes, une politique du «bien vieillir» restera lettre morte. C’est l’ensemble du cycle de vie qu’il faut prendre en compte.
  • Sous toutes ses formes, la dignité est un droit humain, et donc une exigence à défendre, une conquête à toujours refaire. C’est tout le sens de l’appel de Stéphane Hessel, 94 ans, dans son livre Indignez-vous (Éditions Indigène; voir la citation au bas de cette info@lettre). Pas de dignité sans indignation, à tous les âges !

Extrait de Info@lettre d’Espaces 50+ octobre 2011 »

Voilà des questions qui doivent unir tous les humanistes, de toutes croyances et de tous âges. Des questions à partager entre parents et amis, au sein d’un groupe.

Georges, chrétien, Montréal.

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