Un vote pour quelle société ?

« Ces temps que nous traversons sont des temps de crise. Une crise globale touche tous les pays occidentaux. De nombreux facteurs de transformation se conjuguent. Un des facteurs de transformation est la fin d’une certaine homogénéité culturelle de nos sociétés. Ainsi coexistent aujourd’hui, à égalité de droits, des personnes ayant des origines ethniques et des références culturelles et religieuses les plus variées. Pour des citoyens de plus ou moins vieille souche, ceci peut engendrer un sentiment d’instabilité très délicat à vivre. Pour beaucoup de nouveaux arrivés, cela se traduit par le fait de se sentir mal accueillis et de ne pas pouvoir trouver une place dans une société qu’ils ne peuvent pourtant plus quitter.

Les libertés individuelles ont contribué à augmenter le sens de la responsabilité personnelle. Mais l’individualisme finit par dissoudre la vie sociale, dès lors que chacun juge toute chose en fonction de son intérêt propre. Le bien commun de tous risque d’être confondu avec la somme des avantages particuliers. Ces transformations interrogent la conception que l’on se fait de l’homme, de sa dignité et de sa vocation.

Comme chrétiens, nous devons être confiants : les crises qui traversent les sociétés humaines peuvent être des occasions de renouveau et des expériences qui réorientent l’avenir. Elles ne doivent pas nous empêcher de viser toujours et en toutes circonstances le respect de la dignité de toute personne humaine, l’attention particulière aux plus faibles, le développement des coopérations avec d’autres pays, et la recherche de la justice et de la paix pour tous les peuples.

Les déséquilibres actuels, avec leurs dimensions sociales, culturelles et économiques, nous font mesurer l’apport considérable de la production industrielle et de la société de consommation, mais aussi leurs limites et leurs fragilités. Le mode de vie qui est le nôtre depuis quelques décennies ne pourra pas être celui de tous les pays du monde, ni même se maintenir perpétuellement tel quel chez nous.

Sous des termes variés, c’est la même invitation pressante à un changement de mode de vie. »

     Paris, le 3 octobre 2011,
Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France

Le message des évêques catholiques de France est d’une grande longueur dont cet extrait ne donne qu’une infime partie. Il ne sera donc lu que par une minorité de personnes. Un tel message aurait eu sans doute plus de portée s’il avait été le fruit d’une collaboration entre toutes les confessions chrétiennes, clergé et laïques ensemble. 
Il n’est plus de notre temps où les évêques doivent parler aux fidèles catholiques en disant: « Nous vous invitons… », il vaudrait mieux lire: « Nous tous, chrétiens de toutes confessions, nous sommes invités… »

Un jour viendra peut-être où croyants et incroyants humanistes pourront parler d’une seule voix : une approche concertée pour chercher une plus grande vérité.

Georges, chrétien, Montréal

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