Un nouveau libre arbitre – écouter l’entrevue

Krystèle Appourchaux, lors de son passage dans les studios de Radio VM.

Krystèle Appourchaux, lors de son passage dans les studios de Radio VM.

Intrigué par l’idée que
le libre arbitre soit redéfini?
Pourquoi même penser qu’il puisse être redéfini?
Quel rôle joue la neuroscience dans tout cela?
En quoi ce changement
pourrait-il affecter
notre vivre ensemble?
Quelques éléments de réponse avec Krystèle Appourchaux, docteure en philosophie, chercheuse à l’hôpital général juif de Montréal
et auteure du livre Un nouveau libre arbitre, à CNRS Éditions.

Écouter l’entrevue: 

Cette entrevue a été diffusée pour la première fois sur les ondes du réseau de Radio VM, le mardi 7 octobre 2014 à 9 h, et rediffusée le mercredi 8 octobre 2014 à 5 h,
dans le cadre de l’émission Demain l’humanisme.
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Une réflexion au sujet de « Un nouveau libre arbitre – écouter l’entrevue »

  1. Intéressante question que celle de l’existence ou non du libre arbitre !

    J’avoue que j’ai toujours été particulièrement dubitatif sur la conclusion des études de Hebb et Libet, qui tendaient à remettre en cause le libre-arbitre, simplement parce que les neurones sont activés avant que la conscience de la volonté n’apparaisse à la personne qui veut bouger son doigt. Car si on part du principe que toute conscience a pour seul substrat les neurones du cerveau, il est évident que tout changement de conscience, toute volonté, toute idée, toute mémoire que nous avons, est inscrite d’une manière (complexe) dans ces mêmes neurones et cela juste avant que nous en ayons conscience… (il y a environ 100 milliards de neurones dans chaque tête d’humain et ils sont interconnectés entre eux de différentes manières, ça en fait des combinaisons…).

    S’il paraît assez évident que ces changements chimiques et électriques sont la cause (tout fait déterministe) des modifications de notre conscience, de nos mémoires et de nos pensées, cela ne veut pas dire pour autant que le libre arbitre humain n’existe pas : la conscience à un instant donné est elle-même faite de la combinaison des états d’une partie de nos neurones. Ce que nous appelons la conscience agit donc bien aussi sur l’état de nos neurones, en tant qu’elle est elle-même une combinaisons d’états de neurones. Cela reste parfaitement déterministe d’un point de vue microscopique (chimique et électrique) tout en restant fidèle au principe de libre arbitre de la conscience, quand on regarde le cerveau comme un système intégré : il agit sur lui-même et peut prendre des décisions autonomes.

    On pourrait prendre en exemple partiel de ce phénomène les théories météorologiques qui puisent dans les outils mathématiques comme les attracteurs étranges et les systèmes chaotiques. Il suffit de systèmes extrêmement simples pour obtenir déjà des comportements chaotiques et non prédictibles (mais qui restent parfaitement déterministes !). Si on prend en considération un système aussi complexe que le cerveau, il est évident que la complexité de sa structure rend ses comportements totalement imprévisibles (sauf à le simuler dans son entièreté ce qui reste bien entendu pour bien longtemps encore un doux rêve). L’extrême sensibilité aux conditions environnementales (comme en météorologie) rend également ce projet totalement irréaliste en dehors d’un laboratoire – même deux vrais jumeaux sont très tôt deux êtres aux comportements totalement différents.

    Selon moi, il n’y a pas de sens à opposer déterminisme et libre-arbitre, car ils ne décrivent pas le même niveau de compréhension. Le déterminisme est physique, chimique, électrique, il n’y a pas de doute là dessus. Mais on ne peut pas le transposer au niveau fonctionnel, culturel et social qui est celui des êtres humains quand on les regarde dans leur entièreté. Il y a là une erreur fondamentale de compréhension de ce qu’est le libre-arbitre si on le défini en l’opposant au déterminisme.

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