Un autre visage du christianisme

Xavier Gravend-Tirole (source: Éditions Le Jour)

Xavier Gravend-Tirole (source: Éditions Le Jour)

Pour plusieurs personnes, Georges Convert – voir le texte précédent – a représenté et a été une source d’inspiration très grande. Parmi ces personnes, Xavier Gravend-Tirole. Doctorant à Lausanne en Suisse, Xavier est un passionné du phénomène religieux, Tout d’abord, la découverte de Ieshoua l’a mené loin dans son monde intérieur. Partout à travers son monde.

Puis, cette passion du religieux lui a aussi fait faire le tour du monde. Des fin fonds de l’Inde – poursuivi par un homme sacré qui ne voulait pas se faire prendre en photo! -, à la réputé université Harvard. L’année dernière, il publiait un premier roman à saveur très personnel, Lettres à Kateri.

Voici son témoignage, qu’il accepte gracieusement que Recherches Humanistes reproduise.

La célébration de la vie de Georges se tiendra demain, samedi 11 janvier, à 14 h, au relais mont-royal, 500-A avenue Mont-Royal, à Montréal, métro Mont-Royal. Des dons à Copam, au lieu de fleurs, sont souhaités par Georges. Ce sera une cérémonie de la Parole, avec partage du pain et du sel, avec chants de Taizé et de André Gouzes, entre autres. 

Georges Convert, inspirateur de ce site et amoureux de l'Évangile. 28 août 1936 -  28 décembre 2013

Georges Convert, inspirateur de ce site et amoureux de l’Évangile.
28 août 1936 –
28 décembre 2013

Témoignage
Hommage à toi, Georges, notre frère tant aimé (par Xavier Gravend-Tirole)

Nous nous sommes rencontrés quand j’allais entrer à l’université ;
toi tu avais déjà 57 années derrière toi.

Nous avons vécu l’aventure du Relais Mont-Royal, qui commençait alors.
Je me rappelle ta surprise devant notre demande de silence
– qui n’eut d’égal que ta certitude
qu’il fallait penser l’eucharistie comme un repas de la parole :
Mastiquer la parole, la contempler… l’assimiler dans tout notre être.
En cette parole, nous pouvons devenir frères et sœurs.

À moi comme à d’autres,
tu as su nous traduire l’essentiel des évangiles,
le cœur du message chrétien :
Dieu ne peut qu’aimer.

L’amour fraternel, agapè, est un amour de la déraison et de la confiance.
Un amour de la démesure et de l’effacement.
Un amour aussi pauvre que riche, aussi riche que pauvre.

C’est ta théologie qui m’a christianisé, je crois.
Adolescent, j’étais un bon déiste :
je croyais vaguement en un Dieu-Esprit.
Sa présence m’apparaissait comme une évidence,
mais son amour restait impersonnel.
Avec Iéschoua, Dieu s’est tranquillement incarné en moi, parmi nous.
Son amour n’était plus théorique.

Il est devenu fraternel. Humain. Concret.

Tu avais la vision d’un autre visage du christianisme,
plus proche du monde et des évangiles,
plus proche du projet que Iéschoua portait
lorsqu’il traversait la Judée et la Galilée.

À travers ces premières années d’université,
tu es aussi devenu mon accompagnateur spirituel :
avec toi, j’ai appris à discerner la parole de Dieu dans ma vie.
À l’écouter.
Enfin, pour être honnête : à essayer de l’écouter.

J’aimerais raconter notre voyage en Israël-Palestine,
où tu étais venu me rejoindre.
Pendant une semaine,
nous avons voyagé à travers la Galilée et la Judée,
prié sur les bords du lac Tibériade, au désert de la tentation
ou sur le mont des oliviers ;
nous avons grimpé le mont Thabor – où il s’est transfiguré –
exploré Nazareth et les environs
marché lentement dans Jérusalem.

J’ai eu la chance de t’avoir vu t’émerveiller devant ces lieux
que tu avais si souvent imaginés, mais encore jamais arpentés.
Tu pouvais bien te permettre ce voyage à 60 ans.

Mais l’événement qui reste pour moi l’un des plus étincelant,
c’est ton soutien lors de l’accident de Fred.
Au début de mon voyage autour du monde,
Fred, mon ami athée, que tu connaissais bien,
est tombé en grimpant un immeuble par l’extérieur.
Fracture du crâne.

Son père était seul à Victoriaville. Moi perdu à Taizé.
Toi et André avez eu la très grande générosité
de m’aider à revenir in extremis à Montréal
pour organiser et célébrer les funérailles de l’un de mes meilleurs amis.
Ce geste-là m’a marqué à vie, je crois : il était peut-être tout simple pour vous
mais il avait le goût de la onzième heure pour moi.

Legoût de l’agneau que l’on tue pour le fils perdu que voilà retrouvé.
Le goût de l’amour fraternel à l’état pur, qui a fondé toute ta vie.

Merci, mon cher frère, d’avoir été un disciple si lumineux
de cet Amour qui nous rassemble encore aujourd’hui.

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