Tout a commencé en Grèce et tout finira-t-il en Grèce?

Dans les dernières décennies l’avidité d’accumuler a tout transformé en marchandise destinée à être commercialisée et consommée. Nous oublions que les biens et services de la nature sont pour tous et ne peuvent être appropriés pour quelques-uns seulement.
Après quatre siècles d’existence de ce modèle de croissance / développement, nous touchons les limites de ses possibilités. La civilisation techno-scientifique a atteint un point où elle peut mettre une fin à elle même, dégrader profondément la nature, éliminer une grande partie du système-vie et éventuellement éradiquer l’espèce humaine

Tour a commencé il y a des millénaires en Grèce. Et cela semble maintenant prendre fin en Grèce, l’une des premières victimes de l’horreur économique, dont les banquiers, pour sauver leurs gains, ont jeté toute une société dans le désespoir. C’est arrivé en Irlande, au Portugal, en Italie, et peut s’étendre à l’Espagne et à la France, et qui sait, à tout le système mondial.

Nous assistons à l’agonie d’un paradigme millénaire qui est en train, semble-t-il, de clôturer sa trajectoire historique. Cela peut prendre encore des décennies, comme un moribond qui résiste, mais la fin est prévisible. Avec ses ressources internes, n’existent plus les conditions de se reproduire.

Nous devons trouver un autre type de relation avec la nature, une autre façon de produire et de consommer, en développant un sentiment général de l’interdépendance face à la communauté de vie et à la responsabilité collective pour notre avenir commun. A ne pas réaliser cette conversion, nous dicterons pour nous-mêmes le verdict de la disparition. Ou nous nous transformons ou nous disparaîtrons.

Je fais miennes les paroles de Celso Furtado, l’économiste-penseur : « Les hommes de ma génération est démontré qu’il est à la portée de l’ingéniosité humaine de conduire l’humanité au suicide. J’espère que la nouvelle génération va prouver qu’il est également à la portée de l’homme d’ouvrir la voie d’accès à un monde où vont prévaloir la compassion, le bonheur, la beauté et la solidarité ». Mais à condition que nous changions de paradigme.
8 janvier 2012 – extraits de Leonardo Boff – Brésil)

Notes :http://leonardoboff.wordpress.com/2012/01/08/tudo-comecou-na-grecia-e-tudo-acabara-na-grecia/traduit du brésilien par Jean Loup Robaux.

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