Tempête de silence, ou quand l’idée d’hiberner m’est douce.

Tempête d'hiver du 27 décembre 2012: s'arrêter pour mieux respirer.

Tempête d’hiver du 27 décembre 2012: s’arrêter pour mieux respirer.

Aujourd’hui, il fait tempête . Une vraie de vraie. De celle que nos ancêtres voyaient au moins une fois par semaine diraient les anciens…

Dans le silence de mon appartement, entre Noël et le Jour de l’An, j’ai la chance d’entendre le silence. Les flocons qui tombent et le vent qui siffle accentuent cet effet de silence hivernal.

Je me demande : pourquoi ne pas hiberner?
Pourquoi ne pas vraiment s’arrêter et ralentir,
comme le font les arbres et les fleurs vivaces en dormance? Il y a quelques années, l’anthropologue Bernard Arcand (1945-2009), avait publié un essai sur la question : « Abolissons l’hiver! » aux éditions Boréal.

Extrait : « En boutade, certains disent parfois que nous sommes le seul pays du monde où les gens de la construction prennent leurs vacances durant les seules semaines où il est agréable de travailler à l’extérieur. »

Ou encore : « Et si, tout simplement, c’était notre conception de l’hiver qui était fautive ? En effet, nous nous obstinons à mener une vie productive en hiver alors que les éléments – c’est le moins qu’on puisse dire – sont contre nous.

Pour retrouver le bon sens, il suffirait donc d’inverser la situation. Travaillons davantage l’été, et ainsi nous aurons tout l’hiver pour nous reposer, pour hiberner sous la couette, en remerciant le ciel de nous envoyer ce froid qui rend la maison si agréable. Faisons de l’hiver la saison morte, comme il se doit. »

Donc, fermer l’hiver ou bien seulement veiller une partie de l’hiver. Idée folle dirons certains. Notre obstination et notre désir d’être dominant sur la nature doivent, au contraire, dompter cette force de la nature qui nous empêche de bouger au moins quatre mois par année. Oui… quatre mois depuis que le réchauffement climatique semble permettre un automne plus long et un printemps hâtif.

Idée folle certes. Mais peut-être un peu moins que celle d’aller se planter au milieu de la tempête d’aujourd’hui, sur des autoroutes devenues de véritables corridors de vents, et qui glacent au fur et à mesure que la neige fond sous les roues agiles des poids lourds et des aventuriers munis de 4×4, seuls capables de se rendre d’un point à un autre. Et encore…

Comment mieux vivre l’hiver?
Peut-on rêver de mieux s’adapter sans tout stopper? 
Quels seraient les avantages et inconvénients humanistes de s’arrêter complètement?

Bonne année 2013!

MarioB

 

Une réflexion au sujet de « Tempête de silence, ou quand l’idée d’hiberner m’est douce. »

  1. Tu as tellement raison Mario. Mais il n’est pas évident dans notre mode de vie structuré sur la productivité de faire un ralentissement en hiver. Cependant nous le devrions. D’ailleurs, ne ressentons-nous pas ce besoin de calme et de tranquillité en hiver ? N’avons nous pas ce goût de paresser au lit plus tard ? Pas sûr que nos patrons apprécieraient…Mais nous aurions tout intérêt à mieux suivre nos saisons !

    Etienne P. Montréal

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