En tes mains… un an déjà

1520615_587900161265009_1555155917_nBonjour Georges! Il y a un an déjà, tu remettais ton souffle à Dieu ton Père, celui qui a engendré Ieshoua le Fils et qui propulse l’Esprit là où il veut.

C’est avec ce chant de Taizé — In Manus Tuas Pater — que tu partais vers la fin de l’après-midi de ce samedi 28 décembre, dans ce déjà très froid hiver 2013-2014.

Qu’écrire? Sinon que tu nous manques beaucoup.

Ton rire, tes partages d’Évangile si riche, tes études et tes lectures que tu partageais et qui nous permettaient d’avancer. Puis, ton attitude adolescente, toujours prête à l’aventure.

Il y a aussi ta foi profonde en l’Évangile comme étant une parole concrète permettant de grandir dans cette société, et de faire grandir la société. Tu disais souvent :

S’il n’y avait pas eu l’Évangile et Ieshoua,
je ne crois pas que je serais croyant.

J’ai eu la chance de te côtoyer plus personnellement, comme tant d’autres d’ailleurs, pendant quelques années. Je peux témoigner de ta bonté, de ta générosité, et surtout, de ton questionnement si enrichissant.

Je témoigne aussi de ta grande sentimentalité et de ton côté plus fantaisiste. C’est une chance inouïe que d’avoir vu autre chose que cet homme à l’aspect austère et sévère qui me faisait peur au départ. J’ai eu la chance de l’amitié!

Une Église pour tous Lire la suite

Famille : crémeuse ou traditionnelle ?*

Source: http://www.uweommer.eu/detail.php?type=livres&id_rubriques=18&id_books=25)

Source: www.uweommer.eu

Le quotidien La Libre Belgique publie ces jours-ci un article à propos du Synode sur les familles qui se déroulent présentement à Rome, et qui réunit bon nombre d’évêques et de cardinaux. 

Voulu par le pape François, le synode extraordinaire — ce sont les termes du Vatican — doit s’inspirer des réponses envoyées par les chrétiens catholiques du monde entier depuis les derniers mois.

Quels sont les enjeux? 

Accès des divorcés remariés à la communion, accueil des situations diverses vécues par les familles, meilleur accueil des familles par les autorités ecclésiales dans leurs réalités contemporaines. Plus largement, une réflexion sur l’institution famille qui, selon de nombreux membres de l’Église catholique, est sous attaque de partout, avec entre autres, le mariage et l’adoption par des couples de même sexe,  le choix de nombreux couples de ne pas se marier et de tout de même avoir des enfants, une société d’hyperconsommation matérialiste, et la recherche à tout prix du plaisir instantané.

Qu’en pensent deux intervenantes catholiques belges?  Lire la suite

Lampedusa, Corps du Christ

L'Occident a-t-il peur de l'immigration et de l'étranger?

L’Occident a-t-il peur de l’immigration et de l’étranger? Caricature de Chappatte, journal Le Temps de Genève, reprise par le Courrier international.

Dans les réseaux sociaux d’inspiration chrétienne, plusieurs personnes ont été choquées par un hamburger servi dans un restaurant de Chicago et présentant une hostie – non consacrée – et servie avec ‘‘le sang du Christ’’, un vin rouge.

Pourtant sur Facebook, peu de signes d’indignations aussi forts à propos des immigrants de Lampedusa – dernière hécatombe en date : 200 morts –, qui essayaient de rejoindre nos terres d’enfants gâtés. Le Corps du Christ, dans son sens le plus large, ce Corps que représente chaque être humain, ne provoque qu’une indignation de piété ou de pitié. Ou pire : d’indifférence. Je n’y ai lu aucune indignation aussi forte que celle provoquée par des « blasphémateurs » en mal de publicité.

Lampedusa est l’île où, chaque année, des milliers d’Africains deviennent des naufragés qui sont retournés chez eux, ou qui meurent finalement loin de leur famille, près de leur rêve.

Parce qu’ils croient trouver dans nos terres occidentales un monde meilleur. Parce que dans plusieurs de leur pays d’origine, c’est toujours l’exploitation de l’être humain et la corruption qui trônent chez les gens qui détiennent le pouvoir.
Sans compter le chômage endémique.

Pour excuser notre manque de réactions, on peut toujours dire que nous sommes loin de cette île appartenant à l’Italie, située au sud de la Mer Méditerranée, aux portes de l’Afrique.

Certes.

Mais, le problème de l’immigration du nord au sud demeure bien réel. Même ici au Canada. Simplement et naïvement affirmons ceci ; le nord exploite et possède de nombreuses richesses du sud.
Pourquoi les gens du sud ne viendraient-ils pas en profiter?

Honte Lire la suite

« Dans le monde entier manque une éthique humaniste »

Courte texte de Georges Convert relatant « L’HUMANISME selon le pape François. »
Deux points à retenir : Dans un entretien à la chaîne de télévision brésilienne Rede globo, le pape s’exprime ainsi :

« Le monde actuel est tombé dans l’idolâtrie sans pitié de l’argent. … Les extrémités de la société sont mises au rebut. La personne âgée [parce qu’elle] ne sert pas, ne produit pas. Le jeune ne produit pas beaucoup, car c’est un potentiel qui doit être formé. Le pourcentage élevé des jeunes en Europe est alarmant. … Nous mettons au rebut les extrémités. Curieusement ceux qui représentent une promesse pour l’avenir, les jeunes, et les personnes âgées qui doivent transmettre leur sagesse aux jeunes.
Dans le monde entier manque une éthique humaniste. »

 

Le nouveau pape, tout sourire devant 5000 journalistes et travailleurs des communications.

Le pape, tout sourire lors d’une rencontre devant 5000 journalistes et travailleurs des communications.

Le pape François a reçu 200 jeunes Japonais, catholiques et bouddhistes, d’une école de Tokyo, accompagnés de leurs enseignants.

« Le dialogue est très important pour la maturité personnelle, parce que, dans l’échange avec l’autre et avec les autres cultures, les autres religions, la personne grandit et mûrit », a dit le pape, ajoutant que « le manque de dialogue » était à la racine de « toutes les guerres, de toutes les luttes ».

« Il faut promouvoir une culture de la rencontre. Il est important que nous travaillions tous pour les autres. Chaque confession a ses croyances mais, selon les valeurs de sa foi, elle doit travailler pour le prochain. Nous devons tous nous rencontrer pour travailler pour les autres. »

Comment réagissez-vous aux propos du pape François?
Quels éléments retenir qui peuvent nourrir le débat actuel
sur le projet de Projet de Charte de la laïcité au Québec?

À vos claviers,

MarioB

La question homosexuelle

Le pape François est surprenant depuis le début de son pontificat. L’une des questions qu’il a abordée cette semaine et qui intéresse les sociétés occidentales est celle des personnes LGBT. Si les sociétés civiles acceptent de plus en plus le mariage entre conjoints de même sexe – cette année la France et le Royaume-Uni – il en va tout autrement des Églises en général.

En Ouganda, un jeune député de 29 ans, membre d’une Église évangéliste, a rédigé le projet de loi anti-homosexualité. Des peines de trois ans de prison sont même prévues pour qui ne dénoncerait pas une personne homosexuelle.

Dans ce contexte, ce que déclarait le pape, dans l’avion qui le ramenait du Brésil à Rome dimanche dernier, prend une valeur inestimable pour les personnes des pays où l’homosexualité active est menacée de sanctions.

« Si une personne est homosexuelle, qui suis-je pour la juger ? Le Catéchisme dit de ne pas marginaliser ces personnes. Le problème n’est pas d’avoir cette tendance, nous devons être frères, le problème est de faire des lobbies, lobbies des affaires, lobbies politiques, lobbies des francs-maçons, c’est cela le problème le plus grave ».  Lire la suite

Lampedusa: le pape rappelle

L’Afrique oubliée, ce n’est pas seulement celle des enfants qui meurent de faim devant les caméras de certaines organisations non-gouvernementales (ONG) aux pratiques douteuses.  C’est aussi celle des milliers de personnes qui partent vers les eldorados que sont l’Amérique du Nord et l’Europe. Dans le vieux continent, le drame de ces migrants illégaux est symbolisé par l’Île italienne de Lampedusa.

Un zodiaque avec 29 hommes et 19 femmes Somaliens, immigrés illégaux, est aperçue après avoir été intercepté par la Garde côtière italienne, à une quinzaine de kilomètres au large de l'île de Lampedusa, au sud de l'Italie, le 15 Août 2007. AFP PHOTO / MAURICIO ESSE

Un zodiaque avec 29 hommes et 19 femmes somaliens, immigrés illégaux, intercepté par la Garde côtière italienne, à une quinzaine de kilomètres au large de l’île de Lampedusa, au sud de l’Italie, le 15 Août 2007. AFP PHOTO / MAURICIO ESSE

François s’y est rendu le 8 juillet dernier. Dans son discours, il pose des questions fondamentales face à ce qu’il nomme la « mondialisation de l’indifférence ».   Il demande : « Qui a pleuré pour la mort de ces frères et sœurs ? Qui a pleuré pour ces personnes qui étaient sur le bateau ? Pour les jeunes mamans qui portaient leurs enfants ? Pour ces hommes qui désiraient quelque chose pour soutenir leur propre famille ? »

François se montre sans appel : « Nous sommes une société qui a oublié l’expérience des pleurs, du « souffrir avec » : la mondialisation de l’indifférence nous a ôté la capacité de pleurer ! Dans l’Évangile nous avons écouté le cri, les pleurs, la longue plainte : « Rachel pleure ses enfants… parce qu’ils ne sont plus ». Hérode a semé la mort pour défendre son propre bien-être, sa propre bulle de savon. Et cela continue à se répéter… » Lire la suite

Économie et libération : un exemple suisse?

L’économie, nouveau dieu tentaculaire s’il en est – et sur lequel je n’ai pas fini d’écrire – me permet d’abord de parler théologie de la libération.

Léonardo Boff, considéré par plusieurs comme l’un de ses ‘pères’, écrivait dernièrement :

« Beaucoup se demandent si le fait que le pape actuel François vienne d’Amérique Latine en fait un adepte de la théologie de la libération. Cette question n’a pas de sens. L’important n’est pas d’être en faveur de la théologie de la libération mais de libérer les opprimés, les pauvres, ceux qui souffrent de l’injustice. »

Boff considère que « c’est ce qu’il fait avec une évidence indiscutable. »

Il indique aussi que cette théologie sert d’abord « la libération concrète de la faim, de la misère, de la dégradation morale et de la rupture avec Dieu. »

Alors, comment réussir à détruire cette pauvreté non évangélique? Lire la suite

Économie : Dieu, l’incontrôlable!

money« J’te d’mande pas comment tu vas, j’veux juste savoir combien tu vaux! » chante Diane Dufresne dans « La fureur du cash », qui se trouve sur son remarquable album Détournement Majeur, co-écrit avec Marie Bernard.

C’est comme ça que je sens que les sociétés du monde pensent de plus en plus. Tu es pauvre? C’est ta faute. Tu es riche? Tu le mérites.

Mériter quoi? La richesse n’est même plus synonyme de travail. Quand tant de richesses boursières se construisent parce qu’on procède au congédiement d’employés… ce qui permet d’augmenter les valeurs des actions.

Avec cette logique de dogmatique – cupidité? – économique, les défenseurs à tous crins du néolibéralisme oublient une chose : de se demander si le système n’est pas en train de déraper et d’oublier l’essentiel être humain qu’il devrait servir.

L’économie est-elle une nouvelle religion au service d’elle-même?

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Pauvreté en hausse : quoi faire?

Manifester? Abandonner? Contre la pauvreté non volontaire, comment lutter?

Manifester? Abandonner? Contre la pauvreté non volontaire, comment lutter?

« Aujourd’hui, le marché crée les conditions de l’éviction des catégories populaires en dehors des espaces qui comptent. » 

C’est le géographe français Christophe Guilluy qui, en entrevue avec le magazine français Marianne,  affirmait cela dernièrement.

 « En réalité, la rupture fondamentale est que, pour la première fois dans l’Histoire, les classes populaires ne font pas partie du projet économique. C’est un changement considérable. Hier, les ouvriers étaient absolument intégrés à ce projet… Les ouvriers vivaient hier dans les villes, il n’était pas rare de trouver des ouvriers propriétaires de leur logement y compris à Paris, là où se créaient les richesses…

Aujourd’hui, l’essentiel du PIB est produit par des métropoles dans lesquelles ne vivent plus les classes populaires. La question politique et culturelle découle de ce fait économique simple : la « boutique » tourne sans les classes populaires. » (cliquez ici pour lire l’entrevue).

La pauvreté non voulue prive de droits

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Un nouveau pape… et pape nouveau!

Le nouveau pape, tout sourire devant 5000 journalistes et travailleurs des communications.

Le nouveau pape, tout sourire devant 5000 journalistes et travailleurs des communications.

Les esprits des cardinaux et de Sophie Cherer se sont-ils rencontrés? Dans la précédente note sur ce blogue, j’avais relayé le pape des rêves de l’auteure française. Ses vœux ont été exaucés : le nouveau pape Francesco a la réputation d’être près des pauvres, et se veut lui-même adepte de simplicité volontaire… autant que faire se peut quand on occupe cette fonction.

Un ami prêtre collaborateur de ce site, Georges Convert – également auteur – m’envoyait cette semaine ses réflexions sur ce pape qui tranche nettement d’avec le style de son prédécesseur.

En voici quelques-unes.

« Son attitude hier [mercredi soir le 13 mars] a été sans faute: il s’est présenté comme évêque de Rome (et non comme le pontifex maximus). Il a nommé Benoit comme évêque émérite de Rome et non comme pape émérite. Il a fait prier le monde ordinaire avec les prières que tous connaissent. Il a qualifié l’Église de Rome comme celle qui préside à la charité de toutes les Églises et n’a pas parlé de Pierre… »

Pour Georges Convert, tout cela « montre un homme qui a une théologie et une pratique qui peut servir au rapprochement de toutes les Églises. » Lire la suite