Tout a commencé en Grèce et tout finira-t-il en Grèce?

Notre civilisation occidentale aujourd’hui mondialisée a son origine historique dans la Grèce du VIe siècle avant notre ère. Le monde du mythe et la religion qui était l’axe organisateur de la société s’est écroulé. A émergé l’ère de la raison critique qui s’est exprimée par la philosophie, la politique, la démocratie, le théâtre, la poésie et l’esthétique. Des personnalités de premier plan comme Socrate, Platon, Aristote et les sophistes ont donné naissance à la connaissance : ce fut Périclès comme gouvernant à la tête de la démocratie, ce fut Phidias pour l’esthétique élégante, ce furent les grands auteurs des tragédies comme Sophocle, Euripide et Eschyle ; ce furent les jeux olympiques et autres manifestations culturelles…

Ce paradigme se caractérise par la prédominance de la raison qui a laissé derrière elle la perception du Tout, le sentiment d’unité de la réalité. Alors apparaissent les fameux dualismes: monde-Dieu, homme-nature, raison-sensibilité, théorie-pratique. L’être humain cesse de se sentir partie de la nature pour s’affronter avec elle et la soumettre au projet de sa volonté. Lire la suite

La démocratie et la casserole

Aujourd’hui, la négociation entre les représentants du gouvernement du Québec et les représentants des associations étudiantes en grève est dans une impasse.

Je viens de voir notre Premier Ministre Jean Charest déballer au petit écran tout un tas de raisons faisant en sorte que nous devrions blâmer les représentants étudiants pour cet échec et féliciter le gouvernement pour sa souplesse.

Le conflit dure maintenant depuis plus de cent jours. Le coût économique de la grève, des effectifs policiers, des agences de sécurité, du réaménagement à venir des horaires scolaires dépasse largement les bénéfices escomptés.

Au-delà de toutes ces questions, la principale est sans doute l’attaque indécente de certains à un principe de base de la démocratie. Lorsqu’un groupe constitué en association prend une décision importante, il est généralement reconnu que la décision de la majorité – 50% +1 – constituera la décision ultime de l’association. C’est également ainsi que nous procédons à l’élection de nos dirigeants. Lire la suite

Tout a commencé en Grèce et tout finira-t-il en Grèce?

Leonardo Boff, théologien brésilien (Extraits)

Notre civilisation occidentale aujourd’hui mondialisée a son origine historique dans la Grèce du VIe siècle avant notre ère. Le monde du mythe et la religion qui était l’axe organisateur de la société s’est écroulé. Pour ramener l’ordre dans ce moment critique est née, dans un espace de seulement 50 ans, une des plus grandes créations intellectuelles de l’humanité. A émergé l’ère de la raison critique qui s’est exprimée par la philosophie, la politique, la démocratie, le théâtre, la poésie et l’esthétique. Socrate, Platon, Aristote et les sophistes ont donné naissance à la connaissance. Ce fut Périclès comme gouvernant à la tête de la démocratie, ce fut Phidias pour l’esthétique élégante, ce furent les grands auteurs des tragédies comme Sophocle, Euripide.

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L’espoir d’un humanisme à travers la planète

« Des milliers d’Américains occupent pacifiquement Wall Street, un épicentre de la puissance financière mondiale et de la corruption. Dernière lueur d’espoir en date, ces Américains viennent s’ajouter à un nouveau mouvement pour la justice sociale qui se répand comme une traînée de poudre de Madrid à Jérusalem ainsi que dans 146 autres villes et bientôt plus encore. Alors que les travailleurs paient la facture d’une crise financière causée par des élites corrompues, les manifestants demandent une réelle démocratie, la justice sociale et la lutte contre la corruption. Lire la suite

Des choix de nouvelles valeurs

Notre monde semble dominer par une valeur prioritaire: la recherche du profit. Cela est vrai des entreprises, dans banques, peut-être aussi de la majorité des simples citoyens.. Dans la revue Relations de juin 2011 (no 749) je glane quelques suggestions d’Oscar Mateos

– la construction d’un cadre théorique basé sur l’équité pour lequel l’efficacité ne serait qu’une valeur complémentaire mais jamais prioritaire
– tisser des réseaux – profitant des nouvelles technologies – afin de mettre en commun les diverses résistances (sociales, politiques et économiques) au néolibéralisme
– valoriser la démocratie et ses institutions et lui insuffler du sens afin de créer de nouvelles formes de participation sociale et de pouvoir démocratique
– un nouvel internationalisme qui consolide les institutions politiques ayant comme principal objectif de prioriser la justice sociale et de contrôler les marchés et les déséquilibres économiques mondiaux.

Voilà des idées qui méritent d’être méditées et mises en action dans nos choix quotidiens, nos choix électoraux, nos engagements sociaux, économiques, politiques et religieux.

Georges, chrétien à Montréal, Canada.