Survivre… au progrès

Les manifestations des ‘indignés’ qui se produisent à travers le monde, regroupant majoritairement des jeunes, illustrent bien les interrogations d’une grande partie de l’humanité. Le printemps arabe a peut-être réveillé une certaine jeunesse qui était plus préoccupée de l’écologie que des systèmes politiques.

Un film documentaire québécois, réalisé par Mathieu Roy et Harold Crooks, Survivre au progrès, s’inspire du livre de Ronald Wright A short history of progress, traduit en français : Une courte histoire du progrès. « Tout notre fameux progrès technologique – notre civilisation même – est comme la hache dans la main du criminel pathologique », écrivait Albert Einstein en 1917. Tiendrait-il des propos différents aujourd’hui ? Si le XXe siècle a bien été celui du progrès technologique, qu’adviendra-t-il du XXIe ? Dans ce texte court et limpide, Ronald Wright embarque le lecteur dans un voyage à travers les siècles et le développement humain. S’appuyant sur les civilisations sumérienne, romaine, maya et de l’île de Pâques, il met au jour les failles qui ont conduit à leurs disparitions : développement d’une société hiérarchisée au sein de laquelle une minorité surconsomme au mépris du plus grand nombre, pillage intensif des ressources naturelles entraînant des dégâts irréversibles sur l’environnement… Le constat est clair et chaque fois identique : prises au piège de la logique du progrès, ces civilisations ont littéralement bâti leur perte, échouant à faire cohabiter impératif moral et innovation technique. Comment ne pas voir les parallèles avec le monde actuel ? Si le tableau dressé par Wright est alarmant, il n’est pas désespéré. A la lumière du passé, de nombreux écueils peuvent encore être évités. Notre civilisation est à la croisée des chemins. Reste à choisir la bonne route… »
Le film de Mathieu Roy fait parler des personnalités notamment comme David Suzuki, généticien, Stephen Hawking, physicien et cosmologiste anglais, Jane Goodall, primatologue et anthropologiste anglais.

Selon Mathieu Roy, « Il faut qu’on se réveille et il faut changer les pratiques d’un petit groupuscule de bandits de Wall Street ». En même temps, un québécois Hugo Latulippe, sort un documentaire : République : un abécédaire populaire. « Ce que je constate, c’est que sur la place publique, il y a en ce moment une grande pauvreté d’idées de la part des gens qui font la politique active. Mais cette pauvreté-là n’est pas représentative de ce qu’il y a comme idées en circulation dans le Québec d’aujourd’hui. Il y a une sorte de mur entre les bonnes idées et l’Assemblée nationale. »

Est-ce un hasard si l’on inaugure, ce 16 octobre, le mémorial à Martin Luther King. Barack Obama a souligné que « s’il était vivant aujourd’hui, il nous rappellerait que le chômeur peut à juste titre s’en prendre aux excès de Wall Street, sans diaboliser tous ceux qui y travaillent ». Sommes-nous à la veille d’un sursaut humaniste qui réveillerait la célèbre phrase de Luther King : « I have a dream »?

Georges, chrétien, Montréal.

Une réflexion au sujet de « Survivre… au progrès »

  1. Espérons ce sursaut. Ce qui m’a frappé quand j’ai visité le camp des indignés de Montréal, c’est le réalisme des indignés. Pour eux, le changement passe non pas par un changement de régime politique, mais d’abord par un meilleur partage des richesses, le respect d’autrui et du bien commun et l’inquiétude pour l’avenir.

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