Se loger : règles du marché ou du droit?

2013-07-02 19.25.16Le 1er juillet au Québec n’est pas très patriotique. Les Québécois fêtent moins ou pas du tout le Canada Day – fête Nationale du Canada –, alors que la Saint-Baptiste est vraiment considérée comme la Fête Nationale du Québec et des Canadiens français. Et ce peu importe l’allégeance, souverainiste ou fédéraliste.

Par contre, ce qui est très présent dans les rues, ce sont les camions de déménagement et les escaliers remplis de gens épuisés, sirotant une bière entre transport d’un matelas délabré et d’une nouvelle cuisinière. Presqu’un sport national!

Ce qui est moins joyeux, c’est le nombre de logements abordables disponibles pour les familles à faible revenu. Si l’on se fie aux chiffres avancés par le FRAPRU, le Front action populaire en réaménagement urbain, l’offre en cette matière n’est plus vraiment au rendez-vous. « Selon des données de la SCHL [Société Canadienne d’Hypothèque et de Logement], le nombre de mises en chantier de logements coopératifs est passé de 1 080 en 2009 à 320 en 2012. La chute a été particulièrement brutale dans la région de Montréal, où ce nombre est passé de 710 à 73 ! »

De plus, on apprend que de 2009-2010 à 2011-2012, autour de 2 100 logements sociaux ont en moyenne été réellement mis en location annuellement dans le cadre d’AccèsLogis, « Or, loin de s’améliorer, la situation s’est dégradée en 2012-2013, ce nombre chutant en bas de 1 800 », estime l’organisme.

Témoignages « saisissants » 

Enfin, le site web de l’organisme relate qu’une Commission populaire itinérante a fait le tour du Québec l’automne dernier, incluant des communautés autochtones.

Les résultats ? En général, de moins en moins d’accessibilité à des logements à prix modique et ce que la Commission appelle des « violations du droit au logement ». Ainsi elle écrit en présentation : « Partout, la Commission a entendu des témoignages saisissants mettant en lumière de multiples violations du droit au logement? : coût élevé … qui oblige les personnes et les familles à couper dans leurs autres besoins essentiels ou à se retrouver à la Régie du logement pour non-paiement de loyer?; rareté extrême de logements?; itinérance visible ou cachée?; appartements dangereux pour la santé et la sécurité des personnes?; surpeuplement des habitations, surtout en milieu autochtone?; discrimination?; harcèlement?; intimidation?; violences ; inaccessibilité physique des logements… »

Un rapport est disponible intitulé : Urgence en la demeure.

Par ailleurs dans cet article de La Presse, les propriétaires interviewés en 2e partie demandent une «refonte» des règlements à la Régie du logement afin de l’adapter aux «nouvelles réalités du marché».

Cette difficulté à se loger n’est pas un problème exclusif au Québec. Je sais qu’en France l’accessibilité à des logements à prix abordable est également un problème crucial, notamment dans la région parisienne.

Selon vous ?
Est-ce que le fait de pouvoir se loger est un droit fondamental ?

Est-ce que le mot «marché» a sa place quand on parle de logement locatif ?

Si oui, jusqu’à quel point ?

Comment gérer, ‘humanistement’ parlant, les relations propriétaires-locataires qui semblent souvent être le nœud du problème ?

Quoi faire pour soutenir les ménages à faible revenu ?

À vos claviers !

MarioB

 

 

 

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