Se donner la mort ou rendre sa vie

Un essai de réflexion sur l’euthanasie active.

Eu-thanasie… une mort moralement bonne. Comme le mot év-angile signifie une nouvelle bonne (en grec eu ou ev signifie ce qui est bon).

Comment se donner la mort peut-il être considéré comme un acte bon ?

Je parle ici, non pas de cesser un acharnement thérapeutique, mais d’un acte délibéré et consciemment voulu par la personne.

La vie nous est donnée pour que nous en fassions un acte de liberté, une liberté vécue non dans l’égoïsme mais dans la bonté.

Si nous considérons la vie comme un don de Dieu, Dieu nous en fait un don inconditionnel. Il ne nous dicte pas ce que nous devons faire de ce don. Ce don n’a qu’une limite : il nous est donné pour que nous devenions des êtres bons.

L’amour est la raison de tout. Notre vie, pour être (devenir) ce qu’elle est, doit s’exercer dans l’amour : l’amour de nous-même (faire pour nous ce qui est bon) ; l’amour des autres (faire pour tout prochain ce qui est bon pour lui). « Vivre, c’est apprendre à aimer », a dit l’Abbé Pierre.

Ainsi de la mort. Je peux la décider lorsqu’elle sera un acte d’amour : ce qui sera bon pour mes proches (leur éviter une souffrance inutile et insupportable, même si la séparation leur fera de la peine), ainsi peut-il en être de la personne qui vit un Alzheimer qui la rend inconsciente de ceux et celles qui l’entourent. Mais aussi lorsque cette mort sera un acte de bonté pour moi (éviter une souffrance insupportable, où il n’y a plus de qualité de vie pour moi et pour ceux qui m’entourent). Il y a un degré de souffrance qui n’a plus de bonté, qui ne permet plus d’exercer la bonté.

Comme l’euthanasie doit être un acte libre, il faut que cette décision soit prise avant que je ne perde toute conscience. Mourir doit être, si possible en toute occasion, un acte libre. Une décision prise à chaque réveil, au cas où nous serions victime d’un accident mortel ou victime d’un meurtre. ‘Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne’, a dit Jésus. Il donne sa vie dans un geste d’amour. Comme Gandhi, Luther King et d’autres.

Cette décision doit être prise dans la liberté de ma conscience… ce qui suppose qu’elle soit, si possible, une décision partagée avec ceux qui m’aiment. Il est difficile à la conscience de prendre seule une décision juste et bonne, sans en faire un discernement avec des prochains.

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