Pour accueillir les immigrés, l’Europe a « renié ses racines chrétiennes »

C’est ce qu’affirme Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants à l’occasion d’une conférence sur le dialogue interreligieux entre chrétiens, juifs et musulmans.

Ne serait-il pas un peu limitatif de limiter les racines spirituelles de l’Europe aux valeurs chrétiennes et de le proclamer devant des juifs et des musulmans ? Même si le christianisme a marqué l’Europe, des religions comme le judaïsme et l’islam n’ont-elles pas contribué à ce qui a façonné ce continent ?

On peut se demander ce que l’on entend par racines chrétiennes ? Si l’on ne fait pas une distinction entre les croyances propres à chaque religion et les valeurs politico-religieuses (la chrétienté par exemple), on peut se demander sur quoi se fera l’unité d’une nation (a fortiori d’un continent) à l’heure d’une mondialisation où le brassage des religions ne fera que s’accentuer.

La charte des droits de la personne, adoptée par une grande majorité des nations, ne doit-elle pas devenir la base de l’intégration politique des immigrants ? Ne doit-on pas faire la distinction entre les croyances diverses que chaque groupe religieux doit pouvoir exprimer et le respect, comme base commune pour tous les habitants d’un pays, des valeurs de la Charte des droits de la personne ?

Ne doit-on pas faire une distinction entre les coutumes et les costumes propres à chaque croyance ou à chaque tradition (ou même mode particulière) et les insignes religieux dans des espaces laïques. Je ne ferai qu’une exception pour les coutumes vestimentaires (comme celle de la burka) pour des raisons de sécurité. Refuser la burka pour des raisons de féminismes me semble relever de celles qui le portent et non de la défense des femmes. Cela appartient aux gens des pays concernés.

Ainsi je ne trouve pas que le crucifix à sa place au-dessus du bureau du président de l’Assemblée nationale du Québec, ni que l’on impose la prière à l’ouverture d’un conseil municipal. Ces assemblées sont formées de gens de croyances diverses. Respecter les traditions (ou racines) spirituelles du pays est le propre de chacun et cela est au-delà des insignes ou des rites religieux.

Georges, chrétien à Montréal, Canada.

2 réflexions au sujet de « Pour accueillir les immigrés, l’Europe a « renié ses racines chrétiennes » »

  1. Ah! Les racines. Certaines sont encore en vivantes. D’autres ont pourri bien loin dans la terre… Il faut être prudent quand on invoque les ‘racines chrétiennes’ de l’Europe. Certains pourraient, avec raison, se réclamer des racines païennes, ces croyances étant antérieures à la venue du christianisme en Europe. Bref, il faut surtout, pour les personnes immigrantes aujourd’hui, ne jamais oublier l’accueil de Jésus pour tous et pour toutes dans l’Évangile. C’est une source valable de revendication pour les chrétiens. N’ayons pas peur de rendre l’Évangile vivant aujourd’hui. Loin des idéologies, l’Évangile prend toute sa grandeur dans la mise en application concrète de ce que Jésus nous demandes. Simplement, mais sûrement.

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