Nos peurs sont elles en train de nous détruire ?

La crise que traverse actuellement le Québec est vécue de diverses manière, en fonction des intérêts personnels et des opinions politiques de chacun. Depuis presque le début du conflit, on peut observer un clivage important entre ceux qui soutiennent le mouvement étudiant (contre la hausse des frais de scolarité) et ceux qui souhaitent un retour au calme. Les avis sont souvent tranchés sur des postures politiques, mais malheureusement il me semble que les questions fondamentales ne sont pas souvent posés. Or elles pourraient nous aider à discerner ce qui pourrait être fait de façon pragmatique pour donner à la société tout entière un environnement plus juste et plus favorable au développement.

Alors que la grève se prolonge aujourd’hui au delà de sa 80ème journée, je pense qu’elle a maintenant cette vertu : elle nous amène à nous poser des questions fondamentales de société et à chercher à y répondre. En dehors de toute approche partisane, chacun devrait se donner le luxe de rechercher des réponses honnêtes à cette question :

Qu’est-ce qu’une société devrait garantir à ses membres – si ce n’est pour définir une solidarité, au moins par un calcul de rentabilité et de performance à long terme ?

Il me semble que la gangrène de la pensée à court terme et la recherche de la rentabilité immédiate est ce qui conduit le plus sûrement à la destruction de notre monde capitaliste. La corruption, l’égoïsme et l’insécurité sont les facettes et les conséquences de mêmes peurs qui mènent à la destruction de la société occidentale telle qu’elle avait été redéfinie au sortir de la seconde guerre mondiale (cf. la déclaration universelle des droits l’homme de 1948, et en particulier son article 26). Malheureusement ces objectifs humanistes sont en train de se dissoudre dans le consumérisme, principalement à cause du désir qu’ont les élites politique de profiter des mêmes jouissances que leurs homologues des élites capitalistes, envers et contre la main qui les nourrit – ce qui a logiquement un effet d’entraînement sur toute la société.

C’est au contraire dans une perspective à long terme, que nous devrions nous donner comme objectif de rendre l’éducation – au même titre que la santé ou l’eau courante – gratuite et disponible au plus grand nombre. La société y gagnerait, ainsi que chacun de nous, individuellement ; car c’est même un calcul très rentable. Bien-sûr, c’est un calcul à long terme (sur une génération ou plus), et qui donc aujourd’hui serait en moyen faire ce genre de calcul, si ce n’est un gouvernement ?

Une réflexion au sujet de « Nos peurs sont elles en train de nous détruire ? »

  1. Bien en accord.
    La crise de 70 (menée en grande partie par les étudiants) nous a conduit à choisir la social-démocratie à la différence de nos voisins étatiques).
    Celle-ci devrait rechercher un nouveau modèle de société. Encore faudrait-il que la majorité des générations précédentes qui ont largement bénéficié des avantages de la social-démocratie se rendent compte qu’ils doivent appuyer un renouveau social.
    Une grande réflexion à l’échelle de la province s’impose.
    Voir Jérémie Rifkin : Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Vers une civilisation de l’empathie. Les liens qui libèrent.
    Voir la présentation de ‘Empathic civilizaton’ sur wikipedia en Anglais.

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