Noël fragile: pourquoi pas?

(Source: Qumran2.net)

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Noël: comment y croire? Les anges sont là, les bergers s’en viennent, les mages arriveront dans deux semaines. Ensuite, les centres d’achats seront déjà passés à la Saint-Valentin.

Noël : comment y croire? L’ambiance générale est tout sauf celle de la réflexion. Mis à part la générosité soudaine de tout un chacun, cherchant trop souvent reconnaissance et déduction d’impôt, Noël me paraît toujours bien pauvre.

Pourtant, quand on s’arrête à l’Évangile de la Nativité, on se rassure. Ieshoua est né dans une mangeoire. Il se donne déjà à manger. Il donne déjà son corps comme un « Pain » à déguster. Comme le symbole de la Parole. Pour qu’Elle devienne corps du Règne de Dieu dans le monde d’aujourd’hui.

Un petit corps fragile, bien loin de l’orgie consumériste qui nous touche chaque année à pareille date. À travers les soucis de la vie, on oublie vite ce petit corps fragile. Le petit corps de la crèche est là pour nous rappeler la fragilité de l’être humain. Mais aussi, pour nous rappeler la fragilité de Dieu.

Dieu? Fragile? Comme chaque année, je n’ose trop y croire.

Après tout, un Dieu fragile est dangereusement difficile à suivre. Il attend de nous que nous nous engagions dans une voie qui n’est pas tracée d’avance. En effet, l’amour n’est pas facile. Aimer quelqu’un demande une attitude d’ouverture, de bonté, et de patience qui dépasse la passion du début. Parfois, la ligne est facile à briser et le couple ou l’amitié ne résiste pas. Parfois à cause de valeurs qui évoluent sur des chemins différents.

Ou bien, parce que l’amour ne peut être tiré comme une fleur : la racine sera alors tuée.

Noël s’enracine dans ce « pain-enfant ». Fragile. On dit souvent qu’une certaine fragilité est essentielle aux relations humaines. Alors, comment la trouver? Comment la laisser grandir sans qu’elle soit utilisée, par les autres ou par soi, comme un rouleau compresseur?

Peut-être est-ce impossible? Peut-être que les blessures et les souffrances que nous vivons sont des chemins pour mieux saisir qui nous sommes. L’équilibre se trouve peut-être dans l’espoir…

L’espérance que nous avons de mieux comprendre, assumer, et remplir cette souffrance avec autre chose que de la haine, de la dispute ou encore de la mort. L’espérance de savoir que notre fragilité est aussi celle de Dieu. Et qu’il saura la remplir de son amour.

Sur la croix, Ieshoua décide de suivre la voie de la fragilité. Il meurt sans même chercher à se défendre.  Suis-je capable de le faire aussi au nom de l’amour? Suivre la voie de la mangeoire n’est pas facile. Elle est toute petite. Elle n’est rien comparée aux trônes de gloire sur lesquels sont assis les rois du monde. Pourtant, c’est le roi qu’ont choisi les milliards de personnes qui sont devenues chrétiennes dans l’Histoire. Elles ont saisi au profond de leurs cœurs que l’amour fragile les accueille.

C’est peut-être pour cela que j’essaie chaque jour de devenir un peu plus chrétien.

D’abord, égoïstement, j’aime me sentir aimer. Puis, une fois engagé sur cette voie, le cœur se transforme peu à peu. De simple receveur, je peux devenir petit à petit donneur. Mais, pour cela, il s’agit de se nourrir de la Parole régulièrement. De la méditer et d’en faire une petite voix intérieure.

Puis d’accepter qu’entre en nous cette fragilité de la crèche. Rien qu’un petit enfant, dans une mangeoire.

Noël. C’est peut-être cela. Une petite voix intérieure qui devient commune dans les chants extraordinaires et le scintillement intérieur qu’elle provoque et que nous ne pouvons garder pour nous. Un clinquant qui reflète peut-être notre joie si grande de pouvoir se sentir aimer, au cœur même de nos fragilités.

Et qui permet d’y croire!

Liens d’intérêts:
http://www.mediaspaul.cd/magazines/feuillet-biblique-mainmenu-40/60-ce-quil-faut-savoir-sur-nol

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