Mourir : attendre ou procéder?

Image se trouvant sur le rapport de la Commission spéciale mise sur pied avant la présentation du projet de loi 52

Image se trouvant sur le rapport de la commission spéciale mise sur pied avant la présentation du projet de loi 52.

Le 12 juin dernier au Québec, Mme Véronique Hivon, Ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, a présenté son projet de loi « concernant les soins de fin de vie ».

Beaucoup de bonne volonté dans ce texte assez général ou peu d’indications, sinon l’obligation que tout soit très supervisé en ce qui concerne la « sédation palliative terminale », le point 25 du projet de loi.

Et le cœur de ce qui oppose ceux qui se disent en faveur de l’euthanasie, et ceux qui se disent contre.

La première partie du texte fait la part belle à l’obligation pour le système de santé d’offrir des soins palliatifs de qualité. Personne n’est contre la vertu. Mais avec les budgets en pente descendante que nous proposent depuis quelques années les gouvernements québécois successifs, on peut malheureusement douter d’une mise en place rapide et réelle des souhaits de la ministre.

C’est dommage, car selon plusieurs spécialistes en soins palliatifs, les patients ne demandent jamais à mourir lorsqu’il y a des soins palliatifs de qualité qui répondent efficacement à la douleur des patients. Ils meurent au bout des traitements, mais sereins, ayant traversé plusieurs étapes qui les auront transformés, eux et leurs familles. La position de la Maison Michel-Sarrazin à Québec est très éclairante à ce sujet.

Cela étant dit, est-ce que toutes les maladies peuvent bénéficier d’un contrôle efficace de la douleur ou des effets liés à la perte d’autonomie? Quand on pense aux maladies dégénératives, la question se pose. Les cas où une personne se voit diminuer du jour au lendemain sont toujours troublants. Comme cette dame de Winnipeg qui a décidé d’aller en Suisse où il existe ce qui est appelé le « suicide assisté ».

Les uns clameront que la dignité humaine ne se résume pas à ce que l’on puisse ou non être autonome. Les autres diront qu’une personne qui, hier encore, était pleinement autonome, devrait choisir si elle veut continuer à vivre ou pas, sachant que sa vie sera transformée à jamais par la maladie.

Georges nous parlait ici-même, en octobre dernier, de sa réflexion sur la « bonne mort », celle choisie par amour (cliquez ici).

Et vous, qu’est-ce que vous considérez être : la « bonne mort »?

Y-a-t-il quelque chose de bon qui puisse sortir de la mort lente mais inéluctable d’un être proche?

Quoi faire quand il semble qu’il n’y ait plus rien à faire?

Qu’est-ce que la dignité pour vous? À quoi se définit-elle?

À vos claviers.

MarioB

Laisser un commentaire