L’Europe et la crise : repartir à zéro?

Euro_banknotesLe chiffre est affolant! D’après un article du journal Le Devoir signé par Gérard Bérubé et daté du 23 juillet dernier, il est de 11 112 milliards d’Euros. C’est le défi monstrueux de la dette publique que doit affronter l’Europe, prise avec une dette qui ne fait qu’aggraver la situation des citoyens du Vieux continent.

Il y a aussi le chômage qui montre des chiffres tout aussi monstrueux. Il est estimé que 60% des jeunes adultes grecs ne peuvent se trouver un emploi. Ils sont 55 % en Espagne et 40 % en Italie. Des jeunes. L’avenir des pays en question.

Les plus sévères diront que ce sont traditionnellement des pays où les comptes publics n’ont pas été gérés de manière efficace, la corruption y étant fréquente. Par contre, ce sont maintenant les citoyens qui paient la facture d’un gâchis montrant les faiblesses d’un système capitaliste qui ne semble plus voué qu’à la cupide recherche d’argent rapide et à enrichir les déjà très riches. Le chacun pour soi semble gagner.

Évasion

Dans un article daté du même jour et dans le même quotidien, le journaliste Serge Truffaut dresse le portrait terrible de cette économie européenne qui s’enfonce.

Il rappelle que les politiciens avaient promis de s’attaquer aux causes de la crise en 2008, entre autres les fameuses évasions fiscales.

« Pendant ce temps, tout ce temps, soit de 2008 à aujourd’hui, soit cinq ans durant, on a discuté de l’évasion fiscale dont la somme permettrait d’éradiquer une proportion importante des dettes publiques. On a discuté mais rien fait. Enfin… Depuis peu, un rapport de l’OCDE sur le sujet, en vue du G20 des chefs d’État de septembre, a été publié. L’objectif ? Réduire l’évasion en question à sa plus simple expression. Mais voilà qu’au cours de la fin de semaine, tout le Royaume-Uni, qui est surtout le royaume des trusts, les Pays-Bas et autres nations faisant leur beurre de l’enfer fiscal ont fait front. Le nombre de suicides a augmenté à un rythme hallucinant, mais bon… Comme dirait l’autre, l’enfer, c’est les autres. »

La question économique est à la fois complexe et simple. Complexe parce que plusieurs ficelles sont tirées et que les interrelations sont nombreuses.

Simple, parce qu’il s’agirait que les gouvernements, démocratiquement élus, se retroussent les manches et prennent radicalement position pour leurs citoyens en refusant d’aller plus loin dans une logique d’austérité qui semble compromettre la santé et l’avenir même des citoyens, donc, de leurs pays.

Et qu’ils aient enfin le courage de taxer les plus riches et/ou de véritablement s’attaquer à l’évasion fiscale.

Est-ce possible d’inventer une nouvelle façon d’être économique tenant davantage compte de l’humain?

Repartir à zéro ? Oui, mais comment ?

Laissez voguer votre imagination, la parole est à vous.

À vos claviers,

MarioB

Liens d’intérêts

Inégalités : pas une priorité ?
http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/383186/pour-l-
homme-le-plus-riche-de-chine-reduire-les-inegalites-n-est-pas-une-priorite

Une crise sans l’aide du FMI : possible?
http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/07/17/les-europeens-imaginent-une-gestion-de-la-crise-de-la-zone-euro-sans-l-aide-du-fmi_3448814_3234.html

Une réflexion au sujet de « L’Europe et la crise : repartir à zéro? »

  1. Pour les Etats-Unis, on parle de 16,000 milliards. Ces dettes sont souvent à moitié détenues par la Chine, le Japon et les pays producteurs de pétrole. La crise est loin d’être terminée !

    Le problème se situe dans la gourmandise des grandes entreprises. Si elles se contentaient de profits en hausse de quelques points de pourcentage annuellement il y aurait création de richesse sur une base continue et stable. Mais les grands actionnaires en demandent toujours plus.

    Comme nous vivons dans un système de libre marché, il est alors impensable que les gouvernements légifèrent afin de modérer l’appétit des requins.

    Nous avons des gouvernements élus démocratiquement. Mais pour qui dirigent ils les pays ? Pour le bien-être des citoyens ? Pas sûr…

    Parfois, il vaut mieux tout raser et repartir à zéro. Mais sur quelle base et aux prix de quels sacrifices humains ?

    Y a-t-il une solution raisonnable pour tous à l’horizon ?

    Etienne P

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