Les Indignés de la Défense

Tout en se considérant un peu comme « les hippies des temps modernes », ils m’ont paru à la fois proches et différents de ceux de ma jeunesse . Proches dans leur désir d’une société sans barrières, respectueuse de la nature, fondée sur la paix, l’amour, la non exploitation de l’homme par l’homme, surtout aux plans financiers et économiques. On peut évidemment juger avec commisération leurs utopies, leur pacifisme, leurs bons sentiments… Ils nous renvoient cependant à la figure les impasses de notre société dont le culte de l’argent, la course au profit maximum, un certain égoïsme, excluent beaucoup de monde.

Ils sont par contre très différents des hippies d’autrefois dans la mesure où ils sont de vrais militants pour un changement de société, au prix de leur confort personnel et même de leur santé. Je suis moi aussi indigné de voir la police leur retirer tentes et couvertures pour les décourager de rester sur place, au moment où le froid arrive. Pour autant leur détermination reste intacte jusqu’à présent. Ils sont militants car ils constituent un réseau international grâce aux moyens modernes de communication : Toutes les causes à travers la planète où la dignité et la liberté des hommes sont bafouées, sont les leurs .

Le « printemps arabe » les concerne profondément. Ils appartiennent eux-mêmes à diverses nationalités et cultures, à majorité européennes. A la manière de Gandhi qui fut considéré en son temps comme un grand utopiste, ils pratiquent la non-violence malgré des tentatives « d’infiltrés » pour les faire changer de cap. Je crois important de parler avec eux, de comprendre leurs motivations. Ils sont jeunes pour la plupart et expriment un vrai malaise social. Ils vivent à la fois une pauvreté subie et volontaire. Si l’Evangile donne la priorité aux éprouvés de la vie et de la société, il y a certainement une voix du Seigneur à entendre dans leur existence même et dans leurs revendications.

A défaut d’y trouver un programme politique ou des recettes pour sauver l’économie, elle nous invite assurément à une conversion intérieure où l’amour du prochain puisse s’exercer dans les rapports inter-personnels, mais aussi dans des relations et structures politiques, économiques et culturelles. Si le Royaume des cieux, c’est-à- dire de l’Amour, ne se confond pas avec ces réalités, contrairement à ce qui fut pensé à d’autres époques, il se construit néanmoins en elles avant d’être manifesté en plénitude dans le monde à venir.

Michel ANGLARES, chrétien, France – Texte extrait du site groupes-jonas.com

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