Les droits de scolarité au Québec… crise sociale sur fond de valeurs

Le gouvernement vient de décréter une hausse de 82% des droits de scolarité répartis sur 7 ans, soit 254$ par année (1779$ en tout).

L’expression « frais de scolarité » est fréquemment utilisée au Québec, bien qu’elle soit découragée. Le mot « frais » désigne généralement alors une dépense, alors que les droits de scolarité sont plutôt une entrée d’argent pour les universités. En 2011, les frais de scolarité s’élevaient à 2168$ par année universitaire. En 2018, ils seront de 3947$.  Ces frais ne tiennent pas compte des frais universitaires divers qui peuvent s’évaluer à 1000$.

Pour avoir une bourse d’études, il ne faut pas que le revenu familial excède 45 000$ par année. À partir du 1er mai le salaire minimum est de 20 590$ brut si l’on travaille 40 heures/semaine. L’étudiant dont le revenu des parents (travaillant tous les deux) dépasserait de 3 820$ le salaire minimum se voit donc exclu du système de bourses. Parents, ne faites pas d’heures supplémentaires, vous priveriez votre jeune d’une bourse.

Quant aux prêts, ils sont surtout réservés aux classes moyennes  et ne couvrent que les droits de scolarité et les coûts du matériel scolaire.

Pour l’étudiant qui a quitté la maison familiale, il faut ajouter frais de loyer et frais de nourriture. Nombre d’entre eux sont donc obligés de travailler.

 

Pourquoi des frais de scolarité universitaire ? Quelles sont les valeurs qui sont ici en jeu ?

Certains diront qu’il est normal de responsabiliser les étudiants. Mais les étudiants des pays où l’université est gratuite sont-ils des irresponsables?

D’autres diront que l’obligation de travailler entraîne soit une qualité moindre de l’apprentissage, soit une prolongation qui s’étend sur une ou plusieurs années supplémentaires.

D’autres encore que ces frais empêchent l’accès à l’université des plus mal nantis. Même s’ils ont les capacités intellectuelles pour cela.

Certes  les études universitaires, qui sont subventionnées par le gouvernement du Québec, sont reconnues pour leur coût relativement peu élevé comparativement aux autres établissements d’Amérique du Nord. Elles sont cependant beaucoup plus coûteuses si l’on compare avec certains pays d’Europe, tels la France ou les pays scandinaves.

L’accès au niveau collégial (2 ans après les 11 années d’études primaires et secondaires) est devenu gratuit par souci de permettre à toute personne de s’instruire en fonction de ses capacités.

On peut donc accéder à l’université vers l’âge de 18-19 ans. L’étudiant qui pourra bénéficier de bourses et surtout de la gratuité des études sera certainement un citoyen très utile à son pays.

Plusieurs études québécoises démontrent que la gratuité des études universitaires coûterait environ 1 à 2% du budget total de la province.

Les allocations familiales sont données à toute la population, aux pauvres comme aux riches !

La vraie valeur (plus importante que la responsabilisation) me paraît l’accès gratuit aux études universitaires de tous, riches ou pauvres.

Pour ceux qui, après les études, auront un travail grassement rémunéré, il sera important de leur demander une contribution (impôt de solidarité). Cela pourrait alors les responsabiliser car cet impôt pourrait être proportionnel à leur revenu.

Les frais actuels sont les mêmes quelle que soit les revenus des familles. Ce qui fait que certains termineront leurs études sans dette et d’autres avec une dette énorme sur leurs épaules.

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