Le Prix des mots: libre de penser?

59497_15 59497_05Vous connaissez bien l’expression ‘‘Le silence est d’or’’. Ici, elle s’applique parfaitement. Alain Denault, chercheur universitaire et auteur du livre Noir Canada, paru chez Écosociété en 2008, devait s’attendre à certaines réactions lorsque son ouvrage est sorti. Mais la démesure avec laquelle ont réagi les compagnies minières Barrick Gold et Banro –  poursuites de plusieurs millions de dollars – quant aux allégations portées dans ce livre surprend encore plus.

D’autant plus que Monsieur Denault n’a fait que recenser des allégations d’observateurs internationaux qui, à l’époque, étaient déjà connues et disponibles sur le web. Donc, rien de nouveau. Qu’un essai pour faire saisir l’ampleur du problème des droits de la personne quand vient le temps d’exploiter des gisements minéraux dans des pays en développement, ou ayant des régimes politiques économiquement faibles ou livrés à l’arbitraire.

Liberté d’expression au Canada : réelle ou illusoire?

Le « thriller documentaire » Le prix des mots* permet de suivre l’auteur et le coordonnateur de la maison d’édition, elle aussi poursuivie. Tout au long de ce documentaire – produit par MC2 Communication Média en collaboration avec l’Office National du Film, et réalisé par Julien Fréchette – nous vivons cette crise de l’intérieur. Le stress, la maladie, l’incompréhension, la découverte du système judiciaire et de ses rouages subtils et sans fins, et surtout, une question : où est la liberté d’expression?

Un journaliste américain indique dans ce documentaire qu’il n’aurait pu publier son livre sur les minières au Canada parce que les poursuites quant à ses allégations, pourtant bien documentées, auraient été sans fin.

Cela est troublant quand on croit que le Canada est une zone libre pour la pensée et son expression.

De plus, pourquoi ces compagnies minières n’ont-elles pas répliqué par un livre ou une campagne d’information? N’auraient-elles pas gagné en crédibilité? Au lieu de cela, l’impression est claire : on veut écraser quelqu’un – de surcroît une personne sans moyen financier – sur le simple fait qu’il ait répertorié une série d’interrogations et d’allégations portées par des organisations internationales comme Amnistie Internationale ou des sites web comme miningwatch.ca (mines alertes).

Et vous?
Croyez-vous que notre liberté d’expression soit bien protégée?
Devrait-on renforcer les lois canadiennes contre les poursuites abusives (poursuites baillons)?
Une compagnie canadienne devrait-elle appliquer ailleurs les mêmes critères environnementaux et de droits de la personne?

La parole est à vous,

MarioB

*Le prix des mots sort en salle le 8 février à Montréal au Cinéma Ex-centris, à Québec au cinéma Le Clap et à Sherbrooke à la Maison du cinéma.

Liens d’intérêts :
http://www.miningwatch.ca/fr/home

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