Lampedusa: le pape rappelle

L’Afrique oubliée, ce n’est pas seulement celle des enfants qui meurent de faim devant les caméras de certaines organisations non-gouvernementales (ONG) aux pratiques douteuses.  C’est aussi celle des milliers de personnes qui partent vers les eldorados que sont l’Amérique du Nord et l’Europe. Dans le vieux continent, le drame de ces migrants illégaux est symbolisé par l’Île italienne de Lampedusa.

Un zodiaque avec 29 hommes et 19 femmes Somaliens, immigrés illégaux, est aperçue après avoir été intercepté par la Garde côtière italienne, à une quinzaine de kilomètres au large de l'île de Lampedusa, au sud de l'Italie, le 15 Août 2007. AFP PHOTO / MAURICIO ESSE

Un zodiaque avec 29 hommes et 19 femmes somaliens, immigrés illégaux, intercepté par la Garde côtière italienne, à une quinzaine de kilomètres au large de l’île de Lampedusa, au sud de l’Italie, le 15 Août 2007. AFP PHOTO / MAURICIO ESSE

François s’y est rendu le 8 juillet dernier. Dans son discours, il pose des questions fondamentales face à ce qu’il nomme la « mondialisation de l’indifférence ».   Il demande : « Qui a pleuré pour la mort de ces frères et sœurs ? Qui a pleuré pour ces personnes qui étaient sur le bateau ? Pour les jeunes mamans qui portaient leurs enfants ? Pour ces hommes qui désiraient quelque chose pour soutenir leur propre famille ? »

François se montre sans appel : « Nous sommes une société qui a oublié l’expérience des pleurs, du « souffrir avec » : la mondialisation de l’indifférence nous a ôté la capacité de pleurer ! Dans l’Évangile nous avons écouté le cri, les pleurs, la longue plainte : « Rachel pleure ses enfants… parce qu’ils ne sont plus ». Hérode a semé la mort pour défendre son propre bien-être, sa propre bulle de savon. Et cela continue à se répéter… »

S’enfermer dans une citadelle

Pour Jean-Pierre Denis, éditorialiste au magazine chrétien La Vie, il ne fait aucun doute sur l’importance de cette première visite pastorale du nouveau Pape : elle est d’une importance capitale.

Dans son texte publié le 11 juillet, intitulé Lampedusa, cœur de l’Église, il écrit : « Le discours de Lampedusa contre la ‘‘mondialisation de l’indifférence’’ (voir page 26) apparaît comme un événement politique et spirituel de première importance, doublé d’un audacieux défi à ces mêmes gouvernants italiens, allemands, bruxellois ou français qui ne songent plus à porter la moindre parole vraie. »

L’éditorialiste écrit encore : « Face aux migrants, l’Europe des murs et des mots durs peut apparaître comme la solution. Contre la misère, la mendicité, la délinquance, le chômage, l’identité perdue, il existe mille et une raisons de s’enfermer dans une citadelle avec ses dernières provisions. »

Jean-Pierre Denis conclut :

« Que, pour sa première sortie, le chef de l’Église catholique ait choisi de répondre à l’utopique invitation d’un petit curé… Qu’il se rende, toutes affaires cessantes, dans le lieu le plus emblématique du plus grand drame et du plus grand silence de notre temps… Qu’il y tienne à distance les malins qui voulaient avoir leur photo… Tout cela donne une claire idée du triple projet de ce pontificat. » (Lire le texte complet ici.)

Même au Canada, malgré que certains considèrent qu’elle soit plus simple, l’immigration devient de plus en plus sujette à de l’aléatoire. L’exemple de ces jeunes africains est éloquent, bloqués par Immigration Canada et empêchés de participer à ce concours de scrabble organisé à Rimouski, tel que rapporté par Le Devoir dans son édition du samedi 13 juillet dernier.

Questions :
Selon vous, les murs des pays riches se dressent-ils de plus en plus haut?
Notre accueil est-il à la hauteur des ressources naturelles que nous fournit l’Afrique?

À vos claviers!

MarioB

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