La question homosexuelle

Le pape François est surprenant depuis le début de son pontificat. L’une des questions qu’il a abordée cette semaine et qui intéresse les sociétés occidentales est celle des personnes LGBT. Si les sociétés civiles acceptent de plus en plus le mariage entre conjoints de même sexe – cette année la France et le Royaume-Uni – il en va tout autrement des Églises en général.

En Ouganda, un jeune député de 29 ans, membre d’une Église évangéliste, a rédigé le projet de loi anti-homosexualité. Des peines de trois ans de prison sont même prévues pour qui ne dénoncerait pas une personne homosexuelle.

Dans ce contexte, ce que déclarait le pape, dans l’avion qui le ramenait du Brésil à Rome dimanche dernier, prend une valeur inestimable pour les personnes des pays où l’homosexualité active est menacée de sanctions.

« Si une personne est homosexuelle, qui suis-je pour la juger ? Le Catéchisme dit de ne pas marginaliser ces personnes. Le problème n’est pas d’avoir cette tendance, nous devons être frères, le problème est de faire des lobbies, lobbies des affaires, lobbies politiques, lobbies des francs-maçons, c’est cela le problème le plus grave ». 

Ces paroles du pape François font beaucoup réagir. Les réseaux d’informations continues commentent particulièrement sur cette partie de la conférence de presse improvisée par le pape.

Dans le journal Le Soleil de Québec, le coordonnateur de GLBT Québec-Lutte à l’homophobie, Olivier Poulin, considère que c’est « un pas en avant», et que ces propos « marquent un certain changement de ton ». Il estime que dans les pays où le catholicisme est encore très influent, « c’est une déclaration susceptible de changer les choses. »

M. Poulin croit qu’elle peut avoir un écho positif pour les gais qui vivent ailleurs dans le monde. « Je me mets dans un contexte de pays catholique un peu moins ouvert à la diversité sexuelle, là c’est une déclaration susceptible de changer les choses.» Monsieur Poulin rappelle par ailleurs que la pratique de l’homosexualité est, elle, toujours condamnée par l’Église catholique romaine.

Une Église protestante pense autrement

Au Canada, seule l’Église Unie du Canada a, dès les années 80, réfléchit largement et lors de rencontre formelle de ses autorités, à l’amour qui peut naître entre deux personnes de même sexe. Elle reconnaît le mariage religieux pour les personnes gais qu’elle nomme alors « Alliance de partenariat de vie ».

Ce débat ne s’est pas fait sans heurts, mais aujourd’hui la majeure partie des paroisses de cette Église réformée accepte de présider à de telles unions.

C’est la vision derrière qui est en cause.

Alors que l’Église catholique romaine considère comme « désordonnée » le désir sexuel envers une personne de même sexe, l’Église Unie accueille, dans un esprit « d’inclusivité », les couples de même sexe.

Voici ce qu’elle en dit : « Suite à cette déclaration d’inclusivité [Conseil général de 1988], plusieurs paroisses se sont ouvertement déclarées prêtes à accueillir des personnes d’orientations sexuelles diverses. Sur l’accord de leur conseil et de l’assemblée paroissiale, certaines paroisses de l’Église Unie célèbrent depuis lors des alliances de partenariat de vie pour les couples de même sexe. »

Extrait de la définition du mariage de l’Église Unie : « L’amour conjugal est un don de Dieu permettant que deux êtres entrent ensemble dans un nouveau style d’existence commune. L’engagement réciproque des partenaires dans une intention de permanence et de fidélité réciproque est consacré par la cérémonie religieuse du mariage. »

Et vous, comment réagissez-vous à ces paroles du Pape François?
Existe-t-il une anthropologie chrétienne qui accepte/explique/propose l’amour entre deux conjoints de même sexe?

Si oui, pourquoi?
Si non, pourquoi?

À vos claviers,

MarioB

Un prêtre américain sur Sodome…
http://ncronline.org/blogs/ncr-today/sodom-homosexuality-drone-strikes-and-prayer

L’Église Unie et l’Église catholique parle mariage
http://www.catholicregister.org/news/international/item/15745-catholics-united-church-find-common-ground-on-marriage

La nouvelle des nombreux sujets abordés par le pape François, telle que rapportée par Le Devoir
http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/383988/qui-suis-je-pour-juger-les-homosexuels

Une réflexion au sujet de « La question homosexuelle »

  1. Quelques réflexions qui me sembleraient compléter ce blog:
    Sur la question de l’homosexualité, seul le ton change un peu. La conception traditionnelle de l’Église concernant l’homosexualité n’est pas abordée. Il faudrait aborder la question fondamentale: l’homosexualité est-elle contre-nature? Cela conduirait à dire ce qu’on entend par nature. Si l’orientation homosexuelle est celle de 10% au moins des humains, peut-on considérer l’homosexualité comme on considère le fait pour un nombre infinitésimal de jumeaux qui sont soudés l’un à l’autre par une partie de leur corps?
    Comme le dit l’Évêque François: «Ne pas juger» est foncièrement évangélique. Jésus l’a appliqué avec la femme adultère… mais il l’a considérée en même temps comme pécheresse.
    François dit que le problème n’est pas d’avoir une tendance homosexuelle… Si là n’est pas le problème, cela veut-il dire que cette tendance n’est pas contre-nature? Et cela conduirait alors à reconnaître le mariage gai comme une forme normale du mariage.
    Georges

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