La paix, d’abord par le travail et le dialogue

Jean XXIII, le pape qui a appelé le second Concile du Vatican.

Jean XXIII, auteur de l’encyclique Pacem in Terris

Pacem in Terris, Paix sur terre, est une encyclique – une « lettre circulaire » du pape – qui s’adresse aux « fidèles et aux hommes de bonne volonté ». C’était la première fois qu’un pape, ici Jean XXIII, ajoutait aux destinataires ceux qui se trouvent en dehors de la communion catholique. 

Ce détail peut paraître anodin aujourd’hui. Mais lorsqu’elle est publiée le 11 avril 1963, la lettre arrive après la fameuse crise des missiles de la Baie des Cochons à Cuba. En un résumé très, très court, cette crise survient à cause du transfert de tout un arsenal nucléaire sur l’Île de Cuba et la découverte de son ampleur par les Américains à l’automne 1962.

La tension est     alors à son comble entre les deux principaux protagonistes de la guerre froide. Dans le monde, certains craignent même l’arrivée imminente d’une 3e guerre mondiale. Celle-ci, fatale à l’humanité et pourtant, menée d’une seule pression du doigt, pouvant tuer des millions de personnes à la fois.

Magique diront les amateurs d’armes. Troublant et insensé devait se dire le bon pape Jean.

Dialogue et travail

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À la lecture du document, on est d’abord étonné que le pape ne nomme pas directement la récente crise qui aurait pu détruire les humains. Peut-être est-ce parce qu’il est un diplomate aguerri. Ou bien ne met-il que par écrit les nombreuses observations qu’il a pu faire tout au long de sa vie. Parce que, visiblement selon lui, la paix commence par des détails d’une importance capitale… au quotidien!

Par exemple, l’insistance, sur la nécessaire justice et l’égalité des chances dans le travail pour qu’advienne la paix, est remarquable. Il insiste également sur le nécessaire dialogue entre les communautés politiques.

 « 93 – Il peut évidemment arriver, et de fait il arrive, que les communautés politiques entrent en rivalité d’intérêts ; ces conflits ne peuvent pourtant se régler ni par la force des armes ni par la fraude ou la tromperie, mais comme il convient à des hommes, grâce à la compréhension mutuelle, par une estimation objective des données et moyennant un compromis équitable. »

Et vous?

Croyez-vous que le dialogue constant peut mener à la paix?
Est-ce que notre société construit assez la paix au quotidien,
au sens de
Pacem in Terris?
Quel est selon vous le premier ingrédient pour construire une paix durable?

À vos claviers,

MarioB

Liens d’intérêts
Les archives de Radio-Canada racontent la crise des missiles
http://archives.radio-canada.ca/guerres_conflits/guerre_froide/clips/12342/
Pour lire l’Encyclique
http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem_fr.html

 

Une réflexion au sujet de « La paix, d’abord par le travail et le dialogue »

  1. On peut ajouter que la recherche de la paix était ancrée dans le cœur de Jean XXIII depuis longtemps. En 1909, il participa au soutien des grévistes de Ranica avec le soutien de son évêque, Mgr Radini-Tedeschi. Ce dernier fit même don de son anneau pastoral aux grévistes afin qu’il puissent avoir du pain. Peu avant son décès Mgr Tedeschi supplia Angelo Roncalli de toujours prier pour la paix.

    Fort de ces enseignements, Roncalli travailla au rapprochement des chrétiens et des orthodoxes lorsqu’il fut envoyé en Bulgarie en 1925.

    Lors du conclave de 1958 il ne se gênait pas pour proclamer que le prochain pape se devait d’avoir la paix dans son cœur. Or à cette époque l’utilisation du mot « paix » était interprétée à Rome comme un signe de rapprochement avec les milieux socialistes.

    A la lecture de son encyclique, il est clair que la construction d’une paix durable ne peut se faire qu’en débutant au niveau individuel.

    Au paragraphe 150: « Les hommes ne pourront atteindre cet objectif que s’ils veillent attentivement aux points suivants: d’abord dans leurs activités temporelles, observer les lois propres à chaque domaine et d’adopter ses méthodes propres; ensuite, conformer leur conduite personnelle aux règles de la morale, et donc se comporter en sujets qui exercent leurs droits, accomplissent leurs devoirs et s’acquittent d’un service. »

    Tout est là pour Jean XXIII. Le respect des droits et des devoirs qui s’y rattachent ne peut qu’apporter la paix. Et cela se doit d’être au niveau personnel. Il n’aura de cesse de déclarer que le dialogue a toujours sa place et qu’il ne doit jamais être rompu quelques soient les difficultés.

    Pour avoir la paix dans le monde, il faut d’abord l’avoir déjà dans son cœur et agir en conséquence. L’exemple donné servira à la répandre autour de soi…

    EtienneP
    Montréal

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