La foi de Georges

Georges Convert, inspirateur de ce site et amoureux de l'Évangile. 28 août 1936 -  28 décembre 2013

Georges Convert, inspirateur de ce site et amoureux de l’Évangile.
28 août 1936 –
28 décembre 2013

Georges Convert a été à la base de ce blogue. Il a voulu et soutenu sa création. Il s’en est allé ce samedi 28 décembre, vers 16 h 30, à l’âge de 77 ans.

Le Georges que j’ai connu était soucieux à propos de l’humanité. Un homme inquiet que tant de gens cherchent un sens à leurs vies, spécialement les plus jeunes. Certes, comme prêtre, sa proposition de sens était claire : rencontre avec Ieshoua – Jésus en araméen, la langue qu’il parlait –, et mise en pratique fraternelle de sa Parole. Parce que lui-même l’expérimentait chaque jour.

Cette Parole et ces actes qui se trouvent dans les Évangiles lui donnaient beaucoup d’espérance. Bien au-delà de l’inquiétude qui surgissait parfois aux jours de nuit.

Car elle est d’abord une parole de la miséricorde, telle que décrite dans l’Évangile de Luc, celui que Georges préférait. À ses yeux, « Dieu n’est qu’amour ». C’est sa nature, rien de plus, rien de moins. Tout au long de sa vie, cette proposition lui fera aussi rencontrer des opposants. Ceux et celles qui considèrent qu’une bonne correction représente aussi de l’amour. Ou encore que Dieu, en bon père de famille, doit punir ses ouailles à l’occasion. Et puis tous ceux et celles qui considèrent que Dieu est le grand pourvoyeur de miracles, et gare à Lui s’Il ne fait pas ce qu’on Lui demande!

Ce n’était pas la pensée, la croyance et la foi de Georges. « Dieu n’est qu’amour » aimait-il rappeler. Et miséricorde. C’est tout. Le reste relève de notre espérance, nos fantasmes, notre histoire de vie. Mais, ce sur quoi l’on peut être sûr en Dieu, c’est de son amour sans limites.

Dans cette optique, il avait cofondé Copam en 1972, et le relais Mont-Royal en 1996, en plus d’écrire quelques livres dont le commentaire de l’Évangile, Le Pain sur la Table, consacré à l’Évangile de Luc. Son dernier livre, Notre Église est-elle fidèle à Jésus, questionne les Églises d’aujourd’hui sur leurs pratiques et propose des pistes de réflexion pour continuer la route en tant que communauté chrétienne plus vraie, ancrée dans les paroles et les actes de Ieshoua.

Georges, merci pour ce partage de conviction profonde, qui crée aujourd’hui des liens avec des personnes se disant croyantes, des personnes se disant agnostiques, des personnes se disant athées, mais qui sont tous à la recherche d’une meilleure humanité.

Une cérémonie de la Parole avec partage du pain et du sel aura lieu le samedi 11 janvier, à 14 h. Elle se déroulera au Relais Mont-Royal, dans la crypte du Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, 500-A Avenue du Mont-Royal, métro Mont-Royal.

Mario Bard

Liens pertinents

http://www.repasdefraternite.org/entrevue.html
www.infochristianisme.org
https://www.facebook.com/groups/10934849428/

5 réflexions au sujet de « La foi de Georges »

  1. J’avais 10 ans quand ma route a croisé celle de Georges qui avait 16 ans.
    J’étais un tout jeune Coeur Vaillant au Patronage de la Villa d’Alésia à Paris. il était dirigeant, déjà très engagé.
    Pendant 60 ans j’ai cheminé à ses côtés, dans son ombre. Malgré l’éloignement nous avons toujours échangé et j’attendais ses réponses comme un assoiffé attend l’eau vivifiante.
    A chacun de ses voyages en France il ne manquait pas de m’appeler et chacune de nos rencontres, pour moi, était une fête.
    Aujourd’hui j’ai perdu un Grand Frère. Mais je sais que là où il est il m’attend comme il attend tous ceux qui ont eu la chance de le connaître.

  2. J’ai gardé en mémoire quelques courtes phrases de Georges:

     » Dieu se manifeste dans le bruissement d’un silence tenu »

     » Dieu est impuissant car il est Amour et que l’Amour c’est vulnérable »

    Que de sagesse il avait dans ses propos…

    Bon voyage au pays de l’Éternel !

    Etienne P.

  3. Ma mère avait gardé de Georges l’image d’un gamin très doué et très gentil, qui servait de grand frère à toute sa famille et à tous ses voisins. Il avait même passé, à 11 ans, une nuit avec elle, quand, terrorisée, elle croyait qu’elle allait être arrêtée par l’occupant allemand au petit matin – Dieu merci, ça ne s’est pas produit. Elle l’a toujours appelé par son surnom d’enfant. J’ai longuement parlé de sa disparition avec Georges et de celle de sa maman à lui.
    Je me souviens d’avoir assisté à son ordination, à Notre Dame de Paris, dans une église bourrée à craquer et une atmosphère d’émeute joyeuse, les fidèles ayant escaladé tout ce qui pouvait l’être pour apercevoir tous ces jeunes prêtres (30, 50 ?) allong?s sur les dalles de la cathédrale.
    Je le rencontrais quand je passais à Montréal, et l’y voir était devenu aussi important pour moi que les missions que je menais là-bas. On parlait de tout, par exemple de mon grand-père, que je n’ai jamais connu, et il me donnait des repères pour réfléchir à des questions difficiles et pas nécessairement religieuses.
    Son interprétation ou plutôt sa compréhension des évangiles m’a réconcilié avec l’église, qui, en France, ne fait pas souvent rêver et prend des positions tellement en contradiction avec cette parole – souvenir amer de ces débats surréalistes à propos du mariage pour tous !
    Si un paradis existe, il est fait pour Georges. S’il n’existe pas, Georges a bien utilisé son passage sur terre !

    Jean-Pierre

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