Femmes et religion : partir ou rester?

Au Maroc, une adolescente se suicide après qu’elle ait été forcée de marier celui qui l’avait violé. En Inde, des fillettes sont forcées de se marier. Si certains attribuent ce genre de situation aux coutumes ancestrales, la religion n’est jamais bien loin pour justifier ce genre de comportement.

Tous les 8 mars, l’organisation des Nations-Unies célèbre depuis 1975 la Journée internationale de la femme.Une journée durant laquelle la réflexion se fait mondiale à propos de la place de la femme, mais aussi des fillettes et des adolescentes. Quelles sont les avancées? Quels sont les reculs?

Souvent montrée d’un doigt accusateur, la religion a le dos large. Et de grands pans de son histoire – chasse aux sorcières, obligation de respecter un seul modèle social pour les femmes, soumission aux hommes, par exemple – donnent raison à ceux qui l’accusent. Aujourd’hui, en 2012, quelle place ont réellement les femmes dans les grandes traditions religieuses et spirituelles? Poser la question, c’est obtenir une variété infinie de réponses.

Pour certains, la religion est une véritable prison pour femme, et elle doit absolument vivre en dehors de ce cadre pour arriver à s’épanouir. Sur ce site web – aux accents athées fondamentalistes – on s’aperçoit que les traditions religieuses sont tout, sauf à conseiller. Et, quand on s’attarde aux extraits de livres sacrés qui ont été choisis, rien de surprenant. Au contraire, d’autres femmes vivent un rapport au religieux où elles prennent leur place, se déclarant croyantes, mais questionnent les aspects les moins modernes. Le réseau Femmes et ministères, issu de l’Église catholique romaine, témoigne des changements que les femmes désirent voir s’opérer dans l’institution. Ils et elles désirent donner une place fondamentale à la femme dans leur tradition religieuse, et même renverser l’ordre actuel des choses en ce qui a trait à la question de la prêtrise possible pour les femmes.

Du côté musulman, la recherche est également active. Elles sont professeurs, mystiques considérées à l’égal des hommes. Bref, bien loin de l’image la plus répandue. Je suis persuadé que si nous faisions le tour du monde web, nous trouverions des juives, des femmes bouddhistes, entre autres, qui, elles aussi croyantes et membres de religions, ne désirent plus s’accommoder de l’interprétation très masculine des textes sacrés. Notre question d’aujourd’hui : faut-il que les femmes sortent des religions et spiritualités traditionnelles pour en créer d’autres? Ou bien, faut-il continuer la recherche à l’intérieur de celles-ci afin de découvrir des clés de lecture inconnues ou non encore exploitées par les hommes, majoritairement aux commandes de ces traditions?

Samuel Ojibway

Liens d’intérêts:
http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/Pour-les-religieuses-du-Synode-les-femmes-portent-les-armes-de-l-amour-_NG_-2010-10-20-557440 http://www.courrierinternational.com/article/2010/07/15/petits-derangements-au-sein-du-couple

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