Économie et libération : un exemple suisse?

L’économie, nouveau dieu tentaculaire s’il en est – et sur lequel je n’ai pas fini d’écrire – me permet d’abord de parler théologie de la libération.

Léonardo Boff, considéré par plusieurs comme l’un de ses ‘pères’, écrivait dernièrement :

« Beaucoup se demandent si le fait que le pape actuel François vienne d’Amérique Latine en fait un adepte de la théologie de la libération. Cette question n’a pas de sens. L’important n’est pas d’être en faveur de la théologie de la libération mais de libérer les opprimés, les pauvres, ceux qui souffrent de l’injustice. »

Boff considère que « c’est ce qu’il fait avec une évidence indiscutable. »

Il indique aussi que cette théologie sert d’abord « la libération concrète de la faim, de la misère, de la dégradation morale et de la rupture avec Dieu. »

Alors, comment réussir à détruire cette pauvreté non évangélique?

« Cette pauvreté – insiste fermement le Pape François – ne se résout pas avec de la philanthropie mais par des politiques publiques qui rendront leur dignité aux opprimés et en feront des citoyens autonomes et actifs. »

La Suisse et le RBI

Et si l’une de ces politiques était un revenu mensuel fixe et universel? Le cahier affaires de La Presse nous apprenait récemment qu’en Suisse la question devra être mise au vote de la population. Se basant sur les principes de la démocratie directe, 100 000 personnes ont signé un texte – appelé initiative –demandant qu’un référendum sur la mise en place de ce RBI – Revenu de base inconditionnel – soit donc tenu en dedans de deux ans.

Si certains s’inquiètent, comme la rédactrice en chef adjointe de la revue suisse Bilan, Myret Zakie, qui considère qu’« il s’agit d’un projet dogmatique qui crée une mentalité de rentier », ceux qui appuient l’idée estiment que le RBI « remplace le filet de la sécurité sociale, et ‘‘supprime les contrôles avilissants’’ auxquels doivent se soumettre les bénéficiaires d’allocations sociales, selon les mots de Bernard Jörimann, président du comité B.I.E.N. – Suisse, à l’origine de l’initiative. »

Enfin, les syndicats sont contre, considérant que cette mesure « risque de détériorer la situation des bas et moyens revenus ». Cette thèse du RBI était déjà présente à l’esprit de l’utopiste français Charles Fourier (1772-1837).

Pour vous, est-ce une mesure souhaitable?

Sinon, pourquoi? Si oui, pourquoi?

À vos claviers

MarioB

Liens d’intérêts :

Discours du pape François dans lequel il demande une réforme financière mondiale.
http://www.vatican.va/holy_father/francesco/speeches/2013/may/documents/papa-francesco_20130516_nuovi-ambasciatori_fr.html

Mauvaise santé et pauvreté: liées!
http://www.cbc.ca/news/canada/story/2013/05/24/poverty-disease.html

Mai 68 et les catholiques latinos-américains.
http://nuevomundo.revues.org/47243#bodyftn4

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