Économie : Dieu, l’incontrôlable!

money« J’te d’mande pas comment tu vas, j’veux juste savoir combien tu vaux! » chante Diane Dufresne dans « La fureur du cash », qui se trouve sur son remarquable album Détournement Majeur, co-écrit avec Marie Bernard.

C’est comme ça que je sens que les sociétés du monde pensent de plus en plus. Tu es pauvre? C’est ta faute. Tu es riche? Tu le mérites.

Mériter quoi? La richesse n’est même plus synonyme de travail. Quand tant de richesses boursières se construisent parce qu’on procède au congédiement d’employés… ce qui permet d’augmenter les valeurs des actions.

Avec cette logique de dogmatique – cupidité? – économique, les défenseurs à tous crins du néolibéralisme oublient une chose : de se demander si le système n’est pas en train de déraper et d’oublier l’essentiel être humain qu’il devrait servir.

L’économie est-elle une nouvelle religion au service d’elle-même?

Hasard ou coïncidence, le pape François et Christine Lagarde, présidente du Fonds du Monétaire International, était dans l’actualité du jeudi 16 mai.

D’abord Mme Lagarde. Dans un article de Éric Desrosiers dans le journal Le Devoir,  « Elle a cité le Canada, l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et les États-Unis comme des exemples de pays où le niveau ‘‘d’iniquité s’est envolé depuis 25 ans’’. Aux États-Unis seulement, la part des revenus avant impôt du 1 % des plus riches a grimpé, durant le dernier quart de siècle, de 8 % à 18 % de l’ensemble des revenus. »

On y apprend que 0,5% de la population mondiale accaparent 35% des richesses mondiales.

« La bonne nouvelle, a-t-elle poursuivi, est que, dans les pays développés, l’impôt et les transferts sociaux ont joué un rôle important de redistribution de la richesse depuis 30 ans. « La mauvaise nouvelle ? Ces mécanismes jouent de moins en moins leur rôle depuis 2000. Pourquoi ? Parce que de nombreux pays ont adopté des réformes […] qui ont réduit la générosité de l’aide sociale et fait baisser les taux d’imposition sur les revenus, notamment sur les tranches supérieures. »

Du côté des dépenses, « le Fonds continuera de faire pression en faveur de biens et de services publics de qualité, la priorité étant la protection et l’augmentation des dépenses sociales visant à réduire la pauvreté et l’exclusion », a assuré Christine Lagarde.

François appelle au retour de l’éthique

Dans un discours devant quatre nouveaux ambassadeurs auprès le Saint-Siège, le pape François indiquait :

« La crise mondiale qui touche les finances et l’économie semble mettre en lumière leurs difformités, et surtout la grave déficience de leur orientation anthropologique qui réduit l’homme à une seule de ses nécessités : la consommation. Et pire encore, l’être humain est considéré comme étant lui-même un bien de consommation qu’on peut utiliser, puis jeter. De fait, nous nous sommes jetés dans une culture du déchet… Dans un tel contexte, la solidarité, qui est le trésor du pauvre, est souvent considérée comme contre-productive, contraire à la rationalité financière et économique. Alors que le revenu d’une minorité s’accroît de manière exponentielle, celui de la majorité s’affaiblit. Ce déséquilibre provient d’idéologies promotrices de l’autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière, niant ainsi le droit de contrôle aux États chargés pourtant de pourvoir au bien-commun. »

Dieu, cet incontrôlable

Selon le pape François, « l’éthique conduit vers Dieu qui, lui, se situe en-dehors des catégories du marché. Dieu est considéré par ces financiers, économistes et politiques, comme incontrôlable, voire dangereux. Or Dieu n’est pas contrôlable! Puisqu’il appelle l’homme à sa réalisation plénière et à son indépendance de toute forme d’esclavage. »

« Il serait donc souhaitable de réaliser une réforme financière qui soit éthique et qui entraînerait à son tour une réforme économique salutaire pour tous. Celle-ci demanderait toutefois un changement courageux d’attitude des dirigeants politiques…. L’argent doit servir et non pas gouverner. » (Source : News VA)

Comment réagissez-vous face à ces faits et commentaires ?

À vos claviers

MarioB

Une réflexion au sujet de « Économie : Dieu, l’incontrôlable! »

  1. Les ploutocrates… La Tea Party et son éthique protestante exacerbée. Cette idée bizarre que la réussite sociale et financière n’est due qu’à ses talents propres, comme si les individus agissaient dans un désert, un vide spatial dont ils seraient l’étoile solitaire. Ce sont les pauvres qui nourrissent les riches. On n’écoute pas non plus beaucoup Dieu, par exemple en France dans ces manifestations incessantes contre le mariage « pour tous », alors que la loi est passée ! Et si Dieu était pauvre, beurre, une femme et pourquoi pas homo ???

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