Dimanche 22 avril: pour une terre promise

La violence est très présente au Québec en ce printemps 2012. Et pas tant dans les rangs étudiants, car elle se déroule aussi dans les rangs patronaux.

Deux exemples.

À Québec, ce sont les travailleurs de la papetière White Birch qui ont dû faire face à leur employeur, un propriétaire milliardaire du New-Jersey aux États-Unis, qui voulait fermer l’usine. Après quatre mois, en mars dernier, les travailleurs ont accepté de voir leurs conditions de travail à la baisse … mais tout en ne sachant pas encore à quel moment se fera la relance de cette usine, même si tous les espoirs sont enfin permis.

Prochaine étape : le 2 mai.

Dans la région de Montréal, ce sont les travailleurs d’Aveos, mis à pied par téléphone un dimanche après-midi de mars, qui luttent pour leur dignité. La compagnie n’avait pas encore, près d’un mois après la mise à pied massive de près de 3000 personnes, fait parvenir à chacun son relevé d’emploi. Une situation de plus en plus insoutenable, comme le souligne la journaliste de La Presse Anabelle Nicoud, dans un article du 17 avril dernier.

 « Une insulte après l’autre »

Ironiquement, plusieurs employés ont reçu au cours des derniers jours une lettre de Service Canada les invitant à démontrer leur bonne foi dans leur recherche d’emploi. « C’est une insulte après l’autre dans cette affaire: non seulement on se fait fermer la porte au nez, mais on n’a pas de paie, pas de relevé d’emploi », déplore Lyne Ste-Marie.

Chez cette mécanicienne, l’argent commence à manquer : pour une première fois, sa fille lui a payé l’épicerie au cours du week-end.

Camouflet ultime, certains chefs d’équipe d’Aveos, retraités ou non, ont obtenu des contrats chez Air Canada pour assurer, selon le transporteur, une transition sans heurts.

« Nous, on est là, on crève de faim, et encore une fois, le management s’en sort », dit-elle.

Après sa fermeture, Aveos, née de la scission des services d’Air Canada, a jeté la responsabilité de ses problèmes sur son principal client, pourtant tenu par la loi de préserver ses centres à Montréal. Le transporteur aérien estime au contraire que c’est la mauvaise gestion de ses dirigeants qui a poussé Aveos à la faillite. » Article complet.

Violence institutionnelle

Ces deux exemples donnent une idée de la violence institutionnelle qui semble s’installer ces temps-ci. Ici, et partout dans le monde. Une violence économique sur laquelle les gouvernements en place semblent fermer les yeux, malgré les efforts paradoxaux de ceux-ci pour rouvrir ces compagnies après fermeture.

Des efforts que les contribuables devront fournir par la contribution gouvernementale probable, à un milliardaire dans le cas de Papier White-Birch. Violent ,non?

Gérard Bouchard, historien et sociologue bien connu, déclarait dernièrement au Cercle de presse du Saguenay : « Je n’exagère pas là. On est revenu au capitalisme que les historiens appelaient le capitalisme sauvage au 19e siècle, où le patron faisait ce qu’il voulait. » (Source : http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/2012/04/18/006-gerard-bouchard-travail.shtml).

Enfin, l’un des blogueurs du journal Voir, Marc-André Cyr, signe un texte très pertinent à propos de la violence institutionnelle.
(http://voir.ca/marc-andre-cyr/2012/04/19/de-la-violence/).

Notre question : trouvez-vous que nous vivons, en général,
dans un climat de violence économique
institutionnalisée et encouragée?

Invitation

Le dimanche 22 avril, dès 14h, chacun, chacune est invité-e à se rendre à la Place des festivals, du quartier des spectacles, à Montréal, pour un rassemblement pacifique.

Cet événement invite les instances gouvernementales, entre autres, à respecter des principes de développement durable pour l’avenir du Québec, dont le Plan Nord est un élément qui est devenu incontournable. (http://22avril.org/declaration/).

À 14h, les Églises du Québec sont invitées à faire sonner les cloches de leurs églises. Et pour ceux et celles qui ne peuvent se rendre à Montréal, à se réunir sur le parvis afin de marquer son accord aux grands idéaux véhiculés par les organisateurs de l’événement.

Et sûrement dénoncer cette violence institutionnalisée.

Liens d’intérêts :

Des offres difficiles
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201203/25/01-4509128-white-birch-loffre-acceptee-le-fusil-sur-la-tempe.php

Une violence alimentée par des blagues. Digne d’un premier ministre?
À vous de juger.
http://endirect.radio-canada.ca/Event/Lactualite_en_direct_-_20_avril_2012/28261155

Manifestation violente contre le Plan Nord
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/04/20/001-conflit-etudiant-vendredi.shtml

 

2 réflexions au sujet de « Dimanche 22 avril: pour une terre promise »

  1. Réflexion intéressante et pertinente. S’il se dégage bien un fil conducteur des éléments que vous soulevez, c’est bien que la violence institutionnelle ou économique s’accompagne non seulement d’un manque de dignité, mais encore plus d’une atteinte à celle-ci. En effet, je préfère départager « manque » et « atteinte », car s’il s’agit bien d’une absence « de quelque chose » dans le premier cas, il y a bel et bien une action volontaire, vraisemblablement réfléchie, dans le second cas. (Cela dit, l’omission peut aussi être volontaire, mais me semble plus difficile à justifier dans une société de droit). Une volonté et une action qui se basent sur des intérêts qui ne mettent pas l’humain à l’avant-plan, malheureux trait caractéristique d’une modernité obsédée par la technique (lire à ce propos le théologien protestant Jacques Ellul). Il y a quelques années, le théologien Normand Provencher l’exprimait en ces termes : « La modernité ne va pas sans crise ou sans tension dans une société donnée, car elle implique des choix et des façons de vivre et de penser qu’elle justifie selon des critères d’efficacité et de nouveauté. »

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