Détruit-on une seconde fois la tour de Babel ?

Je suis très troublé, révulsé même par ce qui arrive à Nemrod !

Les fondamentalistes de tout bord ne me dérangent pas plus que cela, sauf quand ils s’attaquent à la vie et lorsqu’ils mettent en pratique un négationnisme militant, pratique : si « je » détruis les restes archéologiques du passé, je détruis le passé lui-même et je ne laisse rien à  tous ceux qui en ont besoin pour exister – c’est à dire chacun d’entre nous, qu’il en ait pleinement conscience ou non.

Il y a là, me semble-t-il, quelque chose de pire encore que de décapiter des hommes ou des femmes ! Que ce soit fait en invoquant des principes religieux est encore plus choquant.

Detruire le passé n’est pas une nouveauté dans l’histoire. En Europe, les églises  où les statues sont sans tête sont légions. Les châteaux forts, qu’on a rasés pour légitimer le pouvoir du roi de France, ou simplement les hutongs qu’on rase à Pékin pour y construire des rues et des immeubles « modernes » en sont des exemples parmi bien d’autres. La bibliothèque d’Alexandrie a été brûlée, le Parthénon a explosé quand il servait de réserve de munitions, la ville d’Hiroshima a été effacée, etc. etc.

Nemrod et le musée de Mosul me paraissent un niveau supplémentaire dans l’horreur – si ce genre de comptabilité a un sens !  Que faire, hors en parler dans un blog ? Demander l’envoi de commandos du passé, de l’histoire, de notre culture commune pour occuper militairement ces lieux ? Répondre à la violence par la violence ? Ou tendre la joue gauche ? S’emporter sur le fait que la religion, hic et nunc, nous fait reculer, régresser, nous renier ?

Désemparé et en colère !

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