Dépasser le « banc du quêteux »

Dans moins d’un  mois, l’Église catholique soulignera la Journée Mondiale des Migrants. Le dimanche 13 janvier, un temps est pris pour rappeler cette question d’extrême actualité.

L’accueil est un enjeu majeur pour les sociétés qui reçoivent, comme pour les personnes qui, quelque que soit la raison, doivent ou décident de migrer.

Benoît XVI indique ceci dans son message pour la 99e journée mondiale des migrants : « L’Église et les diverses réalités qui s’inspirent d’elle sont appelées, à l’égard des migrants et des réfugiés, à éviter le risque d’apporter une simple assistance, pour favoriser l’intégration authentique, dans une société où tous puissent être des membre actifs et responsables chacun du bien-être de l’autre, généreux pour garantir des apports originaux, avec un droit de citoyenneté à part entière et une participation aux mêmes droits et devoirs. »

Pour sa part, l’Organisation Mondiale pour les migrations (OIM) « croit profondément que la migration humaine et ordonnée est bénéfique pour les migrants et la société. »

L’accueil du « quêteux »

Le Centre Justice et Foi de Montréal distribue ces jours-ci un document fort intéressant sur la question : « La fraction du pain, Notes en vue d’une théologie politique de la migration ».

copyright: Centre Pueblos Unidos

Le Centre Pueblos Unidos travaille à l’accueil des personnes migrantes. Un défi de tous les jours, surtout en période de crise économique comme en Espagne, où le taux de chômage est de plus de 20%.

L’auteur, le Jésuite Daniel Izuzquiza*, y fait un constat. « Vingt ans après la chute du mur de Berlin, d’autres murs font encore partie de notre vie quotidienne… cause d’effusion de sang, parce qu’ils existent à l’intérieur de nous et prennent possession de nos vies. Ce sont les murs qui séparent les ‘‘eux’’ des ‘‘nous’’ ».

Ici au Québec, j’ai entendu des histoires à propos de « quêteux » qui passaient dans les rangs des villages d’autrefois. Dans certaines maisons, il y avait même le « banc du quêteux ». On se faisait un devoir d’accueillir, au nom de Dieu, celui – je n’ai jamais entendu parler de femme – qui cherchait un couvert pour le soir et un toit pour la nuit.

Dans certaines familles ce personnage était presque sacré tant il permettait de donner gratuitement. Dans d’autres, c’est la crainte d’un châtiment quelconque qui justifiait davantage l’accueil. La distance demeurait, remplit des soupçons de circonstances et d’une pitié dont on peut se passer tant elle confine à la réduction de l’autre.

La peur de l’autre est si forte même chez les meilleurs esprits!

Comment vaincre cette peur?
Avez-vous des solutions pour favoriser la rencontre de l’autre?
Comment arriver à vivre une intégration réelle tout en respectant les cultures de l’accueillant et de l’accueilli?

MarioB

 * Le père Izuzquiza est né en 1968, possède une licence en théologie. Il est le coordinateur du Centre « Pueblos Unidos » à Madrid en Espagne, qui soutient les familles immigrantes. 

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