Dans les têtes blanches…

Des « têtes blanches » écrivent ceci: je vous le partage.
Bonne lecture

MarioB

Y A-T-IL UN VIEUX POUR SAUVER LE MONDE ?

Le magazine Le Monde publie le 24 août un article très documenté sur le club des Elders, ce regroupement d’ex-chefs d’états qui s’impliquent activement pour «sauver le monde», tels Mandela, Carter, Tutu et autres Kofi Annan.

Le même jour, je lis les propos d’un jeune qui, le 23 août, a déclaré :

« Que les étudiants disent aujourd’hui qu’ils veulent remettre en cause le nouveau modèle pour revenir à celui que leurs parents et grands-parents ont connu, il n’y a rien de mal à cela, bien au contraire. »

Ce jeune s’appelle Jacques Parizeau et a dépassé ses 82 ans.

Et cette autre qui parle des étudiants qui, avec une sagesse exemplaire, ont mis un mouvement de réflexion en marche

« …ont misé sur un message clair pour inclure le maximum de citoyens… »

Cette jeune a 81 ans et s’appelle Lise Payette.

Et ces personnalités aînées1, «têtes blanches et carré rouge», qui écrivent

« Chaque élection comporte son lot d’enjeux tous plus importants les uns que les autres. Mais la présente campagne électorale s’inscrit dans un contexte très particulier : déclenchée entre autres pour casser le mouvement étudiant, elle nous interpelle sur deux questions fondamentales que rien ne devrait occulter et auxquelles nous invitons les candidats et candidates de tous les partis à accorder la plus grande importance, soit d’une part, le droit à l’éducation mis de l’avant par le mouvement étudiant avec un courage, une détermination et une intelligence politiques exemplaires et d’autre part, la loi 12 adoptée par le gouvernement libéral et la CAQ et ce avec un rare mépris pour les droits fondamentaux de tous les citoyens et citoyennes, et une hostilité manifeste envers les jeunes et les étudiant-e-s. »

En tant que « têtes blanches », ou aînées, nous avons appuyé la lutte étudiante et nous continuerons de le faire pendant et après les élections. Pourquoi ? Parce que le droit à l’éducation constitue un des fondements de notre société, une condition de notre « vivre ensemble », un des socles d’une citoyenneté libre, responsable et critique.

Parce qu’il est un héritage de la Révolution tranquille, mais un héritage inachevé qu’il appartient à toutes les générations actuelles de consolider et de parfaire en prenant la direction de la « gratuité scolaire » : nous en trouverons les moyens si nous en avons d’abord la volonté politique. Enfin, parce que ce droit doit échapper à la logique néolibérale de « l’utilisateur payeur » qui pollue nos cerveaux et nos cœurs et qui est à la base des politiques gouvernementales du Québec depuis des décennies, peu importe le parti au pouvoir.

De la même façon, nous avons dénoncé haut et fort la loi 12. Nous avons appelé à y désobéir de façon pacifique. Pourquoi ? Parce que cette loi s’acharne à tuer le mouvement étudiant et ses associations. Parce que cette loi est liberticide pour tous les citoyens et citoyennes : elle les prive des droits d’association, d’expression, de manifestation, d’organisation à l’encontre des Chartes canadienne et québécoise et de l’avis de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, de la Ligue des droits et libertés et de nombreux juristes qui ont même osé « prendre la rue » pour en réclamer l’abrogation. Parce que cette loi constitue un retour troublant et dangereux aux politiques obscurantistes de l’époque de Duplessis. Enfin, parce que la démocratie implique l’exercice de la désobéissance civile si nécessaire et dans des circonstances très particulières telle que la loi 12.

L’avance en âge peut être l’ultime occasion de développement à travers un engagement citoyen. Au-delà des personnalités connues, des dizaines de milliers de retraités et d’aînés font de leur vie un champ de bénévolat et de militance, au service des changements sociaux nécessaires. De plus, le mouvement social actuel a permis de tisser, de réveiller, de consolider des liens entre générations qui seront des plus utiles pour façonner notre modèle futur.

De quoi nous donner un devoir d’espérer dans une jeunesse d’esprit, de cœur et d’action, à tout âge.

1 Lorraine Guay, Claude Perron, Céline Beaulieu, Louise Blais, Gisèle Bourret, Béatrice Chiasson, Eduardo Corro, Céline Dumas, André Fleury, Jacques Fournier, Winnie Frohn, Kristiane Gagnon, Diane Gariépy, Yveline Ghariani, Yves La Neuville, Gérard Laverdure, Michèle Leclerc, Réjeanne Martin, Serge Mongeau, Lucille Plourde, Richard Renshaw, Claire Séguin, Wendy Stevenson, Gérard Talbot, Marc-André Tardif, Gisèle Turcot.

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