Nucléaire : vers l’élimination?

L’ombre des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki n’est pas bien loin. Historiquement, elles ne sont qu’à quelques minutes de l’instant où j’écris.

L’ampleur des manifestations contre le nucléaire, que ce soit à des fins énergétiques ou défensives, a nettement diminué ces dernières années. Trop diront certains…
Après la guerre, la hantise du champignon atomique – l’une des images les plus spectaculaires et horribles dans mon esprit – mobilisait régulièrement les foules. Lire la suite

« Mais je crains encore plus l’indifférence citoyenne »

Mgr Paul-André Durocher, nommé depuis moins d’un an à l’archidiocèse de Gatineau, commente la crise sociale au Québec. Il dit : « Mais à regarder ma nouvelle famille de près, je m’inquiète aussi un peu. »

Pour le franco-ontarien d’origine, « les manifestations quotidiennes des derniers mois posent de grandes questions, et les enjeux qu’elles soulèvent s’avèrent de plus en plus sérieux. » S’il déclare ne prendre aucun parti, il dit vouloir « partager » quelques questions, « surtout pour nous qui nous réclamons de l’Évangile du Christ. » 

En voici des extraits…

En fait après relecture, il m’apparaît trop difficile de résumer un texte qui porte cet équilibre si rare dans une société, que dis-je, dans un monde qui se polarise de plus en plus, au détriment d’un dialogue nécessaire et courageux et constructif. En voici donc la majeur partie. Lire la suite

Le manteau contre la croisade

Si vous avez suivi les nouvelles internationales, vous savez que l’extrême droite française continue à se maintenir – en moyenne – à hauteur des 20% dans les intentions de vote de nos cousins d’outre-mer, dépendant des régions.

Dans une lettre publiée en février 2012 – mais dont RH n’a eu que récemment connaissance –, des chrétiens s’inquiètent de cette situation. D’autant plus qu’il est de plus en plus reconnu que des coreligionnaires se rangent de plus en plus du côté de l’extrême-droite, notamment à cause d’un discours identitaire fort.

Les signataires en appellent à « partager son manteau sans aller demander les papiers à celui à qui on donne le morceau pour qu’il ait chaud. » C’est ce qu’ils appellent le « christianisme du ‘manteau partagé’ », à l’image de Saint-Martin de Tours qui avait donné son manteau à un pauvre indigent. Ils dénoncent le christianisme « des croisades ». Lire la suite

Tout a commencé en Grèce et tout finira-t-il en Grèce?

Notre civilisation occidentale aujourd’hui mondialisée a son origine historique dans la Grèce du VIe siècle avant notre ère. Le monde du mythe et la religion qui était l’axe organisateur de la société s’est écroulé. A émergé l’ère de la raison critique qui s’est exprimée par la philosophie, la politique, la démocratie, le théâtre, la poésie et l’esthétique. Des personnalités de premier plan comme Socrate, Platon, Aristote et les sophistes ont donné naissance à la connaissance : ce fut Périclès comme gouvernant à la tête de la démocratie, ce fut Phidias pour l’esthétique élégante, ce furent les grands auteurs des tragédies comme Sophocle, Euripide et Eschyle ; ce furent les jeux olympiques et autres manifestations culturelles…

Ce paradigme se caractérise par la prédominance de la raison qui a laissé derrière elle la perception du Tout, le sentiment d’unité de la réalité. Alors apparaissent les fameux dualismes: monde-Dieu, homme-nature, raison-sensibilité, théorie-pratique. L’être humain cesse de se sentir partie de la nature pour s’affronter avec elle et la soumettre au projet de sa volonté. Lire la suite

AUTOUR DE LA DÉSOBÉISSANCE: l’importance de démêler les choses!

Extraits d’une lettre de Dominique Boisvert, Montréal

Toute société a besoin de règles pour fonctionner (feux de circulation, impôts etc.). Ces règles reposent sur l’adhésion volontaire ou imposée (par la crainte des sanctions), consciente ou non, des citoyenNEs.

Désobéir à ces règles collectives ne peut donc jamais être un acte anodin, une simple passade ou impulsion, sous peine de n’être plus que délinquance répréhensible.

Commençons par le plus facile : une loi qui imposerait ou autoriserait quelque chose de totalement inacceptable pour une majorité claire de la population (tuer, torturer, frauder) devrait être « désobéie » par tout le monde. Même chose si l’autorité qui a pris la décision est illégitime.

La question devient plus difficile si l’objet de la loi (ou du règlement) ou si l’autorité qui veut l’imposer fait l’objet d’un large débat social : la législation peut très bien être adoptée en toute légalité, l’acceptation sociale risque de faire. Lire la suite

Exploiter : oui, mais comment?

André Beauchamp, prêtre et expert bien connu en environnement, écrivait dans L’eau et la terre me parle d’ailleurs (éditions Novalis 2009):

« … le rapport purement utilitariste de l’homme avec la terre se traduit souvent en relations fondées sur l’injustice avec les autres humains. L’inverse vaudrait aussi : le rapport d’iniquité entre les humains incite à un rapport violent avec la Terre. »

Il faisait ici référence à une métaphore qu’on trouve dans la Bible au livre de Job (31, 38-40), à propos de « l’unicité de destin entre la terre et l’être humain ». Lire la suite

La violence en question

Ces derniers jours, des restes humains ont été retrouvés à Montréal et Ottawa. Un tronc dans le quartier Côte-des-Neiges, un pied au siège du parti conservateur et une main au centre de tri de Postes Canada dans la capitale. Horrible.

Le suspect est maintenant recherché par Interpol. Les premiers indices tendent à démontrer que ce jeune homme est psychopathe.

Cette violence est manifeste, facile à nommer bien qu’extrêmement troublante.

Il en est une autre, invisible : la pauvreté. Lire la suite

La démocratie et la casserole

Aujourd’hui, la négociation entre les représentants du gouvernement du Québec et les représentants des associations étudiantes en grève est dans une impasse.

Je viens de voir notre Premier Ministre Jean Charest déballer au petit écran tout un tas de raisons faisant en sorte que nous devrions blâmer les représentants étudiants pour cet échec et féliciter le gouvernement pour sa souplesse.

Le conflit dure maintenant depuis plus de cent jours. Le coût économique de la grève, des effectifs policiers, des agences de sécurité, du réaménagement à venir des horaires scolaires dépasse largement les bénéfices escomptés.

Au-delà de toutes ces questions, la principale est sans doute l’attaque indécente de certains à un principe de base de la démocratie. Lorsqu’un groupe constitué en association prend une décision importante, il est généralement reconnu que la décision de la majorité – 50% +1 – constituera la décision ultime de l’association. C’est également ainsi que nous procédons à l’élection de nos dirigeants. Lire la suite